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 Antifascisme , le retour?

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Revoltaire
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Date d'inscription : 13/11/2007

MessageSujet: Antifascisme , le retour?   Mar 12 Jan - 19:38

Les récentes agressions perpétrées par un groupe de nazillons ont reposé la question de la lutte contres les néo nazes qui ressortent de leurs caves ces derniers temps.


Ces actes ne constituent pas une nouveauté à Reims, des
faits tragiques se sont produits ces dernières années, qui ont vu des
bandes de jeunes proches de l’extrême droite passer de la provocation à
l’homicide. Le problème c’est que l’opposition à ce phénomène, elle,
n’a pas évolué et reste engluée dans ses contradictions.


Que des jeunes se révoltent contre l’abjection que
représente le racisme c’est plutôt pas mal et même souhaitable mais ne
pas connaitre son histoire c’est être condamné a la répéter. Le propos
qui suit n’a donc vocation qu’a favoriser la discussion et la réflexion
pour avancer dans la lutte et pas a établir un jugement définitif et
méprisant. Nous cherchons des camarades pas des troupeaux.

Un petit peu d’histoire



Depuis le début des années 80, grâce a la stratégie de
Mitterand qui institua la pro-portionnelle pour jeter un FN peau de
banane sous les pieds de la droite, le parti de Le Pen et fille a pu
multiplier ses scores par quinze pour arriver a son apogée à jouer les
arbitres électoral en 2002. Mais qui dit apogée dit déclin et la
faillite et la désagrégation de l’extrême droite organisée conduit
forcement à des phénomènes de groupuscule. Cependant la victoire
posthume du FN c’est la lepénisation des esprits, celle-ci a pu
s’opérer avec légitimité et efficacité car aucun autre discours de la
classe politique institutionnelle n’est venu le contredire. Ajouté à
l’effondrement de la gauche gestionnaire et à l’abandon de tout projet
de société en rupture avec le capitalisme, les propositions de
l’extrême droite ont pu être reprises et ont servi à rendre naturelle
la construction d’une société inégalitaire. Plus que jamais c’est bien
le Capital et ses institutions qui produisent le racisme.

Quel antifascisme ?



La création en 1984 du premier SCALP à Toulouse deviendra le modèle, dans ses mots d’ordre
et ses apparitions, pour toute une partie de la jeunesse liée au mouvement rock alternatif symbolisé par le groupe Berrurier Noir.
Le problème c’est que cette histoire s’est transformée en mythe et en
référence ultime pour des jeunes qui rêvent de revivre ces moments mais
qui
ne créent pas leur propre identité culturelle. Résultat : cet
antifascisme là n’est pas loin d’être une attitude esthétique voire une
mode. Le manque d’analyse, de débat et de critique est manifeste. Au
lieu de s’atta- quer au problème global, on essaie d’en bloquer les
effets les plus palpables, l’antifascisme devient alors lutte de
distraction et sombre dans un folklore qui s’il peut être sympathique
reste inefficace. Il se contente d’être un antifascisme vaguement
culturel. Il faut aussi souligner que cette tendance culturelle est
habilement gérée par toute une masse d’anciens au passé plus ou moins
glorieux qui faute de récupérer les dividendes d’un militantisme timide
leur confère une aura et à vrai dire une existence sociale.


Un autre versant de l’antifascisme qu’on pourrait qualifier de républicain c’est l’appel des 250 en 1990 qui donnera naissance au réseau Ras l’front.

Outre son objectif de récupération politique
(l’initiative avait été lancé par des proches de la LCR comme
l’opération SOS Racisme en son temps), cet antiracisme là a distillé
des méthodes beaucoup moins intéressantes. Le recours à l’Etat comme
garant de la liberté crée et renforce le thème « tous et toutes contre
le fascisme ». Il masque le processus de fabrication du fascisme en
luttant contre ses conséquences et non contre ses causes. Il dédouane
le Capital de ses responsabilités et dépolitise le combat antifa en se
remettant à l’Etat (interdictions, condamnation judiciaires,...)
oubliant ici que loin d’être ennemis ces deux la sont alliés.
Résultat : le développement des politiques de « front » entraîne un
renforcement des illusions sociales
Résultat : le développement des
politiques de « front » entraîne un renforcement des illusions sociales
démocrates en participant a l’entretien de l’épouvantail fasciste, en
favorisant et en entretenant le consensus républicain (le plus bel
exemple c’est l’élection de Chirac en 2002). Cet antifascisme là plus
politique est somme toute social démocrate voire contre révolutionnaire.

Alors que faire ?



La tension sociale présente aujourd’hui et qui risque
de s’intensifier au cours du développement de cette « crise » va
certainement remettre ces questions au goût du jour.

Quelques pistes de réflexions.



Le fascisme tire ses origines de la situation qui l’a
précédé : l’écrasement du processus révolutionnaire entre 1917 et 1921
par la social démocratie européenne (révolution allemande, italienne,
bul- gare...). L’antifascisme occulte cette réalité en identifiant le
fascisme comme une « force maléfique » en le réduisant à une réaction
irrationnelle sans fondements historique venue d’on ne sait où.


Il faut placer la critique de l’Etat au coeur de
l’analyse du processus de fabrication des autoritarismes que nous
subissons au quotidien. Si l’antifascisme consiste à renforcer la
« démocratie » dans une tentative de l’opposer au fascisme en proposant
une lutte qui aurait comme finalité d’empêcher qu’il [l’Etat] devienne
totalitaire, il occulte les antagonisme de classes et perd tout
vocation subversive pour se transformer en gardien de la paix sociale.


Ce qui importe c’est de construire un mouvement inscrit
dans une histoire sociale pour construire un rapport de force qui
permette d’obtenir des besoins élémentaires (comme la liberté de
circulation par exemple) sans oublier que la finalité c’est d’en finir
avec ce monde de merde. Car nous n’avons pas à sauver la république des
flics et des patrons, mais à prendre parti dans cette guerre sociale,
en y portant le projet d’un autre futur sans « races » ni frontières,
sans président ni patries, une société libertaire et égalitaire ou l’on
ne verra d’épouvantails que plantés dans les champs. Au final la
meilleure façon d’être antifasciste c’est d’être révolutionnaire.


Un vieux scalpeur






P.-S.

Ce texte est paru dans le chat noir n°21, mars 2009 Présentation le Chat Noir/Egregore (Reims) Journal publié par le Groupe OCL de Reims. Téléchargeable ici Chat Noir N°21
A signaler également la brochure OCL Fascisme

vu sur

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article528
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Revoltaire
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MessageSujet: Re: Antifascisme , le retour?   Mer 13 Jan - 3:55

http://actionantifasciste.fr/documents/histonaso/histonaso.html


Vidéos de la manif a Leipzig Samedi 17 octobre :

https://www.youtube.com/watch?v=Ugpj4dHbMHg&feature=player_embedded

https://www.youtube.com/watch?v=5smeGXLRs4o&feature=related


Antifa Siempre...

Posté sur le fofo du scalp86 aussi
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