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 Angouleme : la police recrute

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Haymarket
toto 1ere classe


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Date d'inscription : 23/02/2008

MessageSujet: Angouleme : la police recrute   Jeu 27 Mai - 16:12

La police recrute ses premiers bénévoles


http://blog.charentelibre.com/journal/index.php?post/2010/03/25/5471-la-police-recrute-ses-premiers-benevoles
Jean-François BARRÉ

jf.barre@charentelibre.fr



On
n'est pas des indics.» Juste des citoyens ordinaires qui se disent
empreints d'un certain sens civique et qui ont choisi, modestement et
bénévolement, de tenter de mettre un peu d'huile dans les rouages entre
la police et la population. C'est ce qu'ils ont expliqué à leurs
enfants, à leurs proches, parfois un peu circonspects de les voir, de
leur plein gré, prendre le chemin du commissariat d'Angoulême.

«J'aurais
aimé entrer dans la police.» Il a présenté deux fois le concours, est
devenu imprimeur chez Leroy-Somer. Alors, à 52 ans, quand il a vu que la
police recrutait des «volontaires civils», il a présenté son dossier de
candidature, que la commission a retenu. Pascal Ecotière, la vocation
rentrée, est devenu une sorte de flic bénévole qui a choisi d'offrir à
la police au moins cent cinquante heures de son temps chaque année.
Peut-être même un peu plus. Il fait partie du premier contingent recruté
en Charente.

Un chien de recherche en renfort

Comme
Pascal Beyne, 51 ans, spécialiste de la sécurité incendie, qui a lui
aussi eu envie de donner un peu de son temps. «Je sors des cités, de
Basseau, Grande-Garenne. Ma mère a 72 ans. Elle y vit encore. Elle a
peur.» Lui, c'est l'époque des îlotiers qu'il a connue dans le quartier.
«On les voyait différemment.» Et c'est ce différemment qu'il aimerait
bien contribuer à restaurer. «Les gens ont cette peur de savoir s'il
faut ou non discuter avec la police. Avant, on se connaissait tous.
Aujourd'hui, ils se renferment.»

Les deux Pascal ont signé les
yeux fermés. Christine aussi, 51 ans, qui souhaite rester discrète parce
qu'elle n'a «pas d'expérience», mais qui a trouvé la recette du
gagnant-gagnant. «Elle est passionnée de chiens», explique Didier
Bertrand, le chef d'état-major, au commissariat. «Elle a un chien de
recherche. En nous rejoignant, elle permet à son animal de s'entraîner,
de s'entretenir. Elle valide aussi ses diplômes de maître-chien. Et elle
peut nous apporter beaucoup, dans le cas d'une fugue de mineur, d'une
disparition de personne âgée.» Contrairement aux gendarmes, les
policiers n'ont pas de chien de recherche. Il faut le faire venir, au
mieux de La Rochelle. La quatrième, c'est Jacqueline, 50 ans, qui
souhaite rejoindre l'accueil du commissariat, attirée par le rôle social
de la police.

Pour tous, cela a été leur première mission, leur
premier contact avec le public. «C'est nécessaire, estime Pascal
Ecotière. La police manque d'effectifs. Nous, on peut prendre le temps
de discuter.» Didier Bertrand en convient. «L'accueil, c'est la première
image, un lien entre la population et nous.» Un premier contact pour
les volontaires civils avant d'aller plus loin. Derrière le guichet,
Pascal Beyne a déjà beaucoup appris, dit-il, croisé la détresse et le
dénuement des plaignants un peu perdus face à l'institution. Lui, il est
déjà partant pour d'autres missions. Toujours pour «faire le lien». Il
se voit déjà intervenir dans les établissements scolaires. Histoire
d'expliquer que «la police ce n'est pas seulement la répression».

Giorgio
Zentilin, brigadier-chef à l'état-major et chaperon des volontaires, en
convient. «Ils peuvent contribuer à donner une autre image de nous.»
«D'autant, insiste Didier Bertrand, qu'ils nous apportent leurs
compétences. Un chien de recherche, un brevet de secouriste. A
l'accueil, cela permet de faire baisser les tensions. Les gens ont
affaire à quelqu'un comme eux, pas en uniforme.» Et eux ne sont pas
soumis à la pression administrative.

Depuis qu'ils ont fait
leurs premières armes, à la fin de l'année, les quatre volontaires
civils n'ont pas reçu un mauvais accueil. «Au départ, les gens ont un
peu surpris par le titre. On explique, et la relation se fait, les gens
se confient plus facilement.»



150
C'est le nombre de
personnes qui défilent chaque jour à l'accueil du commissariat de police
d'Angoulême. Parmi ceux-là, une trentaine vient pour déposer une
plainte. C'est devenu l'affectation première des volontaires civils de
la police qui sont entrés en service depuis le mois de décembre dernier.
L'affectation première des volontaires civils de la police. Et qui
concèdent, expérience à la clé, que ce n'est pas de la figuration.


Sans arme et sans casier

Les
volontaires civils sont nés en décembre 2006 à Paris, avant que
l'expérience ne soit étendue à dix départements puis au territoire
entier deux ans plus tard. Volontaires, comme leur nom l'indique, ils
sont aussi bénévoles, n'ont pas signé de contrat mais un engagement de
service, se sont engagés à donner de leur temps. Un minimum de cent
cinquante heures par an. «Leur rôle n'est pas de remplacer la police
mais de l'accompagner, de faire tampon. C'est un outil supplémentaire»,
précise le brigadier-chef Giorgio Zentilin. Ils ne sont pas armés et ne
se voient pas confier de missions opérationnelles.

Ils ont
constitué un dossier qui devait faire état de leurs motivations, de
leurs capacités et expériences et d'un casier judiciaire vierge, avant
d'être reçus par une commission composée du directeur de cabinet du
préfet, des deux commissaires de la direction départementale de la
Sécurité publique d'Angoulême, de l'état-major et d'un commandant de la
Direction régionale du recrutement et de la formation. Les quatre
premiers volontaires charentais ont été recrutés en décembre dernier.
Ils sont aujourd'hui en phase d'immersion dans les services après avoir
découvert la «grande maison» et l'accueil du commissariat. La semaine
prochaine, à défaut d'un uniforme qui ne fait pas partie du paquetage,
ils recevront leur badge. Et seront orientés vers différents services du
commissariat, en fonction des besoins.

_________________
"Le réformisme n’est pas, à proprement parler, idiot, mais impossible : moins la prison punit, moins elle répond à sa vocation. Reprocher à la prison d’être trop pénible, c’est reprocher à un hôpital de trop bien soigner."
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