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 Arrestations a Paris

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Haymarket
toto 1ere classe


Nombre de messages : 521
Date d'inscription : 23/02/2008

MessageSujet: Arrestations a Paris   Lun 29 Mar - 23:24

Manif anti-carcérale : récit



15 heures à Denfert-Rochereau, on peine à trouver la manif,
il faut dire qu’il y a plus de monde qui fait la queue pour visiter les
catacombes que devant le camion sono, une dizaine de personnes, tout au
plus. Finalement on attend près du camion, le temps de se rendre compte
que les civils sont déjà bien présents.


Une heure plus tard, ça se lance, on descend le boulevard Saint-Jacques
quelques mètres puis on stoppe. La Santé est de l’autre côté du métro
aérien. La musique est à fond, quelques slogans sont lancés, mais
finalement, vu de l’extérieur, ça semble franchement dérisoire, même
pas sûr que les prisonniers entendent. Deux fusées de détresse sont
tirées en direction de la prison, dont une qui finit sa course dans un
immeuble, peut-être l’un des délits qui servira de prétexte…

Après quelques dizaines de minutes à poireauter là, le cul entre deux
chaises, le cortège continue sa route jusqu’au prochain passage qui
permet de passer sous le métro aérien. Les CRS sont déjà présents à
l’entrée de la petite rue avec casque, bouclier et grille anti-émeute.
La sono s’engage et se met face à ce cordon de flics, quelques types
mettent des écharpes mais sans plus, de toute manière le rapport de
force est inégal, rien que les flics en civil pouvaient foutre tout le
monde à terre. S’ensuit un ballet assez émouvant, les cordons de CRS
s’installent tranquillement, d’abord derrière, empêchant toute
retraite, puis sur les côtés. Incrédules, la plupart des gens ne
réagissent pas, la manif est déclarée, rien ne laisse présager une
interpellation. Le joyeux bordel continue presque comme si de rien
n’était, le concert se poursuit sur le camion, mais rapidement le
malaise s’installe, ceux qui veulent sortir sont refoulés et
l’encerclement se resserre. Les civils font deux percées pour serrer un
organisateur et un autre type qu’ils emmènent dans une camionnette
banalisée. Les CRS finissent le boulot, resserrant de plus en plus
l’étreinte, ils embarquent les militants un par un dans les cars
stationnés non loin.

Il semble évident que ces arrestations avaient été planifiées, vu le
déploiement de forces de l’ordre, vu les faux prétextes utilisés et le
ciblage très précis de ceux qui ont été arrêtés en premiers, ça ne fait
aucun doute. Il suffisait d’un petit faux pas pour donner un prétexte
quelconque servant de base à ces arrestations. Le faible nombre de
personnes a sans doute facilité les choses puisqu’il devait y avoir au
moins trois flics par manifestants, voire plus…




Indymedia Paris, 29 mars 2010.





*


Communiqué suite à la manifestation anti-carcérale :
Rassemblement de soutien




Ce dimanche 28 mars, une manifestation anticarcérale de solidarité envers toutes les personnes incarcérées avait
lieu à Paris, aux abords de la prison de la Santé.


Bien qu’autorisée, la manifestation a rapidement été encerclée par un
important dispositif policier, pendant le concert de soutien. Plus de
100 personnes ont été interpelées sans motif, puis transférées dans
différents commissariats parisiens.

Selon les chiffres dont nous disposons, une soixantaine de gardes à vue à été notifiée :


Plus de 30 au commissariat du 11e.

21 au commissariat de la Goutte d’or (18e).

Quelques-unes au commissariat du 14e.

1 à Riquet qui pourrait basculer sous le régime de l’antiterrorisme.

Ces gardes à vue relèvent de l’article 222-14-2 du Code Pénal qui
permet d’interpeller toute personne participant à une manifestation au
cours de laquelle les forces de l’ordre considèrent que des
dégradations ont été commises.


Un rassemblemant de soutien et de protestation est appelé le lundi 29 mars à 17 heures, métro Riquet, 18e, à
proximité du commissariat.

N.B. : Si vous avez des ami-e-s en garde à vue, pensez à préparer les garanties de
représentation qui seront utiles devant le juge : fiches de paie, attestations de domicile, etc.




Indymedia Paris, 28 mars.





*


110 interpellations lors d’une manifestation
anticarcérale




Cent dix personnes ont été interpellées dimanche après-midi à Paris lors d’une manifestation anticarcérale aux
abords de la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement, a-t-on appris de source policière.


Cette «marche contre l’enfermement et en solidarité avec les personnes
incarcérées à la prison de la Santé» était une manifestation autorisée,
selon la même source. Elle devait partir vers 15 heures de la place
Denfert-Rochereau et arriver aux abords de la Santé.


«Cent dix personnes ont interpellées à l’arrivée de la manifestation
pour dégradations de biens publics et de biens privés», a-t-on ajouté
de même source sans pouvoir préciser dans l’immédiat s’il y avait eu
des heurts avec la police ni où ces personnes avaient été conduites.




Leur presse (Le Monde), 28 mars.

_________________
"Le réformisme n’est pas, à proprement parler, idiot, mais impossible : moins la prison punit, moins elle répond à sa vocation. Reprocher à la prison d’être trop pénible, c’est reprocher à un hôpital de trop bien soigner."
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Haymarket
toto 1ere classe


Nombre de messages : 521
Date d'inscription : 23/02/2008

MessageSujet: Re: Arrestations a Paris   Lun 5 Avr - 18:03

Loi contre les bandes : cent dix manifestants arrêtés… pour rien


Manif devant la prison de la Santé : 110 arrestations
envoyé par demerdez-vous. - L'info video en direct.





Le texte a été appliqué pour la
première fois lors d'un rassemblement devant la prison de la Santé le
28 mars. L'objectif ? Surveiller.



C'est une affaire qui a fait peu de bruit, comme le remarquait lundi le site Arrêt sur images.
Dimanche 28 mars, 110 personnes ont été interpellées lors d'une
manifestation anti-carcérale aux abords de la prison de la Santé, à
Paris.
C'est la première fois qu'est appliquée la loi sur les violences en bande, promulguée le 2 mars 2010. Les manifestants n'ont pas été arrêtés pour avoir commis des violences mais pour avoir été soupçonnés d'en préparer. L'article 222-14-2 du code pénal stipule désormais :
« Le fait pour une personne de participer sciemment à un
groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation,
caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences
volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de
biens est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. »
Un risque insuffisant pour annuler, suffisant pour interpeller


Selon le parquet de Paris, la police a arrêté ces 110 personnes pour
« participation en attroupement en vue de commettre des violences
volontaires en groupe. » Que leur reproche-t-on en juste ? A la
préfecture de police de Paris, les réponses sont vagues :
- « Ils ont lancé des projectiles sur la police ?
- Non.
- Ils portaient des cagoules ?
-
Non plus. La police est intervenue pour éviter à un groupe la
commission de violences volontaires, de destruction et de dégradation
de biens. »
La manifestation, pourtant déclarée, aurait pu être annulée si la préfecture l'estimait particulièrement dangereuse.
Pourquoi attendre sa tenue pour arrêter ses participants ? La
préfecture se défend en expliquant qu'au moment de sa déclaration, la
manifestation ne paraissait pas si sensible :
« On a jugé que le risque n'était pas suffisant pour annuler. »
Organisée tous les ans par des militants opposés à la prison, la
manifestation anticarcérale était menée ce dimanche par un
camion-concert du rappeur La K-Bine. Plusieurs témoignages permettent
de reconstituer le fil des événements.
Un défilé plutôt sage



La manifestation a démarré autour de 15 heures. Une petite foule
d'une centaine de personnes défilent plutôt sagement, comme le suggère
cette vidéo tournée par le réalisateur Christophe Del Debbio.
Tournées entre 16h30 et 17h15, ces images ne diffèrent pas de celles
de centaines de manifestations. Défilé plus ou moins bruyant, concert,
prises de parole contre la politique carcérale. (Voir la vidéo)







Selon le récit d'un manifestant publié sur Indymedia,
« deux fusées de détresses sont tirées en direction de la prison, dont
une qui finit sa course dans un immeuble, peut-être l'un des délit qui
servira de prétexte ».
Le manifestant raconte son incrédulité face au nombre de CRS présents :
« Les CRS sont déjà présent à l'entrée de la petite rue
avec casque bouclier et grille anti-émeute. La sono s'engage et se met
face à ce cordon de flics, quelques types mettent des écharpes mais
sans plus, de toute manière le rapport de force est inégal, rien que
les flics en civils pouvaient foutre tout le monde à terre.
S'ensuit un ballet assez émouvant, les cordons de CRS s'installent
tranquillement, d'abord derrière, empêchant toute retraite, puis sur
les côtés (…)
Le joyeux bordel continue presque comme si de rien n'était, le
concert se poursuit sur le camion, mais rapidement le malaise
s'installe, ceux qui veulent sortir sont refoulés et l'encerclement se
resserre. Les “civils” font deux percées pour serrer un organisateur et
un autre type qu'ils emmènent dans une camionnette banalisée.
Les CRS finissent le boulot, resserrant de plus en plus l'étreinte,
ils embarquent les militants un par un dans les cars stationnés non
loin. »
« On reçoit de la bouffe, c'est végétarien mais dégueulasse »



A 17h30, les interpellations commencent. Dans un long témoignage, un autre détaille sa garde à vue, d'une durée de 24 heures. Sans bien comprendre ce qu'il faisait là, il raconte :
« (22h00-23h00) On reçoit de la bouffe, c'est végétarien
mais c'est dégueulasse. Je n'ai pas le temps de finir, on m'emmène voir
l'avocate commise d'office, celle du jour sans doute puisque je suis le
seul à la rencontrer, et le premier. Elle ne sait rien à propos de
l'affaire.
Apparemment, les flics sont désorganisés, l'équipe de nuit relaye
l'équipe de jour et ils n'ont jamais eu à gérer autant de personnes.
Elle se dit interloquée par l'arrestation pendant la manifestation,
et par notre garde à vue dans un parking. Elle l'écrit sur un papier.
Je m'assure d'avoir le droit de ne rien dire et de ne rien signer, elle
me dit que je peux, mais que c'est fortement déconseillé. »
Après avoir été pris en photo, le manifestant est interrogé. Il
refuse de répondre aux questions. Selon son témoignage, ceux qui ont
répondu ont eu droit à des « questions absurdes » comme : « Etes-vous
en accord avec la phrase “Faut-il brûler le système”, du groupe La
K-bine ? »
Selon un témoignage anonyme recueilli par Rue89, les interrogatoires
ne portaient pas sur les jets de projectiles -la préfecture de police a
confirmé que les interpellations n'avaient pas été causées par cela-
mais sur la participation même des manifestants au concert et au défilé
anticarcéral.
« Ils étaient très nombreux, c'est pour les intimider »



Amaël François, porte-parole de Sud Etudiants dont deux membres ont
été arrêtés, affirme que les interpellations ont été si nombreuses que
les manifestant ont été installés dans quatre commissariats différents
et deux sous-sols du parking du commissariat de Ledru-Rollin (XIe). Il
estime que le but de l'opération était de ficher les participants :
« Le but était forcément d'envoyer un message fort
politiquement et “policièrement”. Ils étaient très nombreux, c'est pour
les intimider. Ils fichent les militants pour pouvoir suivre leurs
activités. »
Yannick Danio, délégué national de l'union Unité Police SGP-FO,
hostile à la loi contre les bandes « parce qu'un arsenal juridique
existe déjà », explique les raisons qui ont pu motiver la police :
« Sur la thématique anticarcérale, on sait que
sociologiquement, ce ne sont pas des syndicats, des associations ou des
partis mais des individus, dont beaucoup peuvent être proches de ce
qu'on appelé le mouvement “anarcho-autonome”.
C'est le type de manifestation qui peut dégénérer, même si je ne
veux pas généraliser. La difficulté dans la mission de maintien de
l'ordre, c'est de pouvoir filtrer, de distinguer le casseur du
manifestant ordinaire. »
Pour Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM) interrogé par Le Monde,
les arrestations de dimanche illustrent le fait que « cette loi permet
de ratisser large dans les manifestants en leur imputant un phénomène
de bande ».
Selon le parquet de Paris, les 57 personnes gardées à vues (dont 11
personnes jusque mardi) ont toutes été remises en liberté. Sans plus de
suites judiciaires.
Téléchargez le témoignage d'un manifestant placé en garde à vue



A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89







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