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 22 v'là la SDAT

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le git
gaucho baroudeur...
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Nombre de messages : 230
Date d'inscription : 02/11/2008

MessageSujet: 22 v'là la SDAT   Mar 16 Fév - 21:25

Citation :

Alors que de nombreuses arrestations de militants pour la
liberté de circulation ont eu lieu lundi 15 février à l’aube à Paris, les services «antiterroristes» sont à la manœuvre à Lyon depuis quelques jours.


Fin janvier, quelques jours après l’ouverture du Grand Lyeu deux personnes se font contrôler devant la porte. «Contrôle de
routine» par la BAC. Les flics repartent avec un numéro de téléphone portable et deux identités.

Deux semaines plus tard un coup de fil : «Bonjour, police du huitième,
on aimerait bien discuter avec vous…» Convocation informelle à
Marius-Berliet sans plus d’explications.

C’est en fait un flic de la Sous Direction AntiTerroriste qui le
reçoit, très détendu. Un flic sympa, qui dit du mal des bourrins de la
BAC, qui joue au papa bienveillant dans le cours de la discussion.
N’empêche il en profite pour interroger pêle-mêle sur l’affaire de Chambéry, les tags et les actions en soutien aux inculpés de Vincennes
et puis il aimerait bien savoir ce qui se passe dans les squats en ce
moment. «Ce “grand lieu” il y a des gens dangereux à l’intérieur ? Des
gens violents ? Est ce que vous discutez des black blocs ? Qui organise
l’autodéfense le dimanche, les projections-débat, etc.» Lui, c’est un
super flic. Il court après les poseurs de bombe, pas les «gamins qui
jettent des pierres sur la police». Sous entendu : «Tu peux me raconter
toutes ces broutilles que je donne l’impression de connaitre : et en
balançant un maximum de noms si possible.»

À la différence de la DCRI, la SDAT n’est pas censée faire de la
surveillance générale. Elle débarque parce qu’elle est saisie dans le
cadre d’une enquête bien précise. Là ça peut être plusieurs choses :
les suites de l’affaire de Chambéry, l’enquête en cours sur les actions
de soutien aux inculpés de Vincennes, une enquête au long cours sur les
ramifications des réseaux d’ultra-gauche. Dans tous les cas ces flics
cherchent à établir des connexions, identifier les réseaux, voir qui
traine avec qui… Et ce qui bloque le travail de la police jusque-là
c’est que les gens se tiennent plutôt bien : d’où l’idée de recruter
des sources d’information. Ça peut être une militante de RUSF à qui on
dit, au cours de son audition par la PAF, que sa démarche est juste
mais qu’il faut se méfier des extrémistes violents qui pourraient
profiter de la situation.

Pourquoi pas les balancer ? Là c’est la même : «Je te passe un coup de
fil dans deux semaines, on pourra rediscuter de où ça en est, le grand
lieu, s’il se passe des choses.» Tentative un peu grossière pour
recruter un indic… même s’il suffit souvent de se pointer à la
convocation pour devenir indic malgré soi : on en dit toujours un peu
plus, des noms sont évoqués, on confirme les soupçons de la police à
demi mots, par des silences alors que jusque là on bavardait gentiment.
Il n’y a pas de conversation anodine avec la police.

La SDAT à Lyon, c’est bien cohérent avec la note de 2008 qui enjoignait
aux parquets locaux de faire remonter tous les faits intéressants à la
juridiction antiterroriste de Paris (tags anti-prison, actions
anti-carcérales ou de soutien aux sans-papiers) .

Récemment des tentatives pour recruter des indics ont eu lieu dans les
mouvements de défense des animaux, dans les luttes lycéennes ou
étudiantes. Au-delà de ces convocations au premier abord farfelues ce
contexte peut impliquer un niveau de surveillance accru : surveillance
des téléphones (écoutes, géolocalisation, analyse des répertoires), des
ordinateurs, des lieux (squats, appartements grillés) et des personnes
(filatures par exemple à partir d’un lieu grillé, photos…).

Les bavardages dans le milieu ou au téléphone facilitent le travail des
flics. Ils parlent de terrorisme, c’est des grands mots mais là ils en
sont à faire leur boulot un peu chiant de ratissage super large. Donc
ça en passe plutôt par de la discussion «informelle» et pas par une
montée directe à Levallois avec garde à vue de 96 heures.

Le
minimum, et le plus sûr, c’est de ne pas se rendre aux convocations
qu’elles soient formelles ou non. Rien légalement ne nous y oblige. Au
pire les flics viennent nous chercher. Au mieux ils lâchent l’affaire.
À Paris, dans une affaire d’antiterrorisme visant la «Mouvance
Anarcho-Autonome Francilienne» la décision a été prise collectivement,
par des séries de discussions, de ne pas aller aux convocations. Ça
facilite la vie aux gens qui se sentent en danger ou qui ont peur de ce
qu’ils pourraient lâcher, à celles et à ceux qui ne veulent pas filer
leur ADN ni tailler le bout de gras avec les flics. Et c’est le b. a ba
pour leur griller le terrain, défendre nos solidarités et nos pratiques
de lutte.





Rebellyon, 16 février 2010.
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