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 Semaine de Solidarité avec les inculpés de Vincennes

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Revoltaire
vieux de la vieille
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MessageSujet: Semaine de Solidarité avec les inculpés de Vincennes   Lun 11 Jan - 20:49

Semaine de Solidarité avec les inculpés de l'incendie de Vincennes!!

Les 25, 26 et 27 janvier 2010 les dix
inculpés de la révolte de Vincennes passeront en procès au Tribunal de
Grande Instance de Paris, à 13h30, 16e Chambre, métro Cité. Une semaine
de solidarité sera organisée du 16 au 24 janvier pour entre autres
exiger leur relaxe, en espérant que le maximum de personnes, où
qu’elles soient, s’approprient cette histoire et ce procès et y fassent
écho, tant cela résonne avec les révoltes dans les centres de rétention
partout en Europe et ailleurs.







vu sur http://www.non-fides.fr/?Semaine-de-solidarite-avec-les,666
(base de données anarchistes)
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MessageSujet: Re: Semaine de Solidarité avec les inculpés de Vincennes   Mar 12 Jan - 18:59



Quelques initiatives prévues à Paris pour la semaine de solidarité :


— Samedi 16 à 15h, Porte des Lilas : Balade solidaire autour des piquets de grève de sans-papiers.

— Samedi 16 à 19h, au CICP (21ter rue Voltaire, Métro Rue des Boulets) : Réunion publique autour de la révolte de
Vincennes et du procès Infos, débat, projection.


— Samedi 23 à 14h, République (angle de la rue du Temple et de la place de la République) : Balade contre la machine à
expulser.


— Samedi 23 à 19h, au bar des Lauriers (98, rue des Couronnes, Métro Couronnes/Jourdain) : Projo-discussion sur les
luttes des sans-papiers.


— Dimanche 24 à 15h, à la CIP (14, quai de Charente, Métro Corentin Cariou) : Projection, discussion sur les luttes à
l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention en Europe et ailleurs.


— Procès les 25, 26 et 27 janvier au TGI de Paris, 13h30, 16e chambre.

Et sur les ondes :


— Samedi 16 à 13h30 sur Radio Libertaire (89,4 FM), Chroniques rebelles.

— Mardi 19 à 19h sur FPP (106.3FM), Au fond près du radiateur.

— Jeudi 21 à 12h30, FPP, Actualité des luttes.

— Vendredi 22 à 19h, FPP, L’Envolée.
...........................................................................................................................





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MessageSujet: Re: Semaine de Solidarité avec les inculpés de Vincennes   Ven 29 Jan - 0:04

Aujourd’hui, se déroulait à Paris la troisième
journée du procès des inculpés de Vincennes. Accusés d’avoir mis le feu
à un centre de détention en juin 2008, les dix inculpés risquent gros,
alors même qu’il n’existe aucune preuve de leur implication. Faute
d’avoir pu entrer dans la salle d’audience, je ne pourrai te
retranscrire les débats. Pas grave : il y a déjà tellement à dire sur
le sujet.


Inculpés de Vincennes : Ceux Qu’il Faut Défendre


mercredi 27 janvier 2010, par Lémi


Bruits
de bottes suivis de rires moqueurs dans l’assistance : deux dizaines de
policiers (à vue de matraque) déboulent des escaliers pour venir
encadrer ceux qui n’ont pas pu rentrer dans la salle d’audience. Ils
sont pourtant plutôt sages, ces militants, se contentant de patienter
en reprenant en chœur quelques slogans. Qu’importe : un important
dispositif policier est en place et une certaine atmosphère de tension,
accentuée par l’arrestation d’un militant hier à la sortie de
l’audience, est palpable. À juste titre, au fond : le procès des dix
inculpés de Vincennes est tout sauf anodin. Dans la répression à
l’aveuglette de ceux qui ont osé se rebeller et brûler leur propre
prison se joue un chapitre important du livre noir du traitement de
l’immigration en France. Logique, donc, que les pandores soient de
sortie.


Pour être franc, je ne t’apprendrai pas grand chose sur
ce qui s’est passé cet après-midi à l’intérieur de la 16e chambre du
Tribunal de grande instance de Paris [1].
Pour une bonne raison : comme la plupart des présents, je n’ai pas pu
assister à l’audience, faute de carte de presse ou de laisser-passer
adéquat. Après une heure et demi d’attente, j’ai piteusement rebroussé
chemin, alors que les nouvelles de l’intérieur étaient plutôt
lénifiantes (Un quart d’heure d’attente. Des gens sortent pour annoncer
une suspension d’audience. Nouveau quart d’heure d’attente, nouvelle
suspension d’audience…). Du coup, puisqu’on m’empêche de jouer l’envoyé
spécial, je me rabats sur les (bons) moyens du bord pour évoquer le
sujet.






Il y a d’abord ce petit livre publié par les éditions Libertalia peu après l’incendie de juin 2008 : Feu au centre de rétention [2].
Composé de témoignages – recueillis par téléphone - de sans-papiers
présents dans les lieux, il permet de saisir par le détail ce que
subissent quotidiennement les personnes enfermées dans l’attente d’une
expulsion ou d’une (improbable) régularisation. Au fil des pages, des
détenus du CR1 et CR2 (les deux bâtiments séparés du centre de
Vincennes) racontent les coups, la bouffe périmée, les brimades &
humiliation, l’insalubrité et le mépris du personnel administratif :


« Ils nous traitent comme des chiens.
Ici, certains flics ont la haine. Dans les chambres, il y a des odeurs
incroyables. Dans les chiottes, on pourrait attraper n’importe quelle
maladie. Vous verriez les douches, les couloirs, le réfectoire, vous
n’en croiriez pas vos yeux. Ici, c’est comme une prison.
» décrit ainsi un détenu le 16 mars 2008. Plus loin, un autre explique : « Quand je suis arrivé, je pesais 70 kilos, j’en pèse 55 maintenant. Un ami est passé de 80 à 60. »

Dans la bouche des détenus, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent : « ils nous traitent comme des chiens », « comme des moins que rien ». Dans Vacarmes (à lire ici), Alain Morice relatait ainsi un incident durant lequel des détenus sont agressés par les CRS à coups de taser :



Un pas en avant a été fait dans la nuit
du 11 février 2008 avec une provocation clairement destinée à servir de
prétexte à une action punitive : un policier éteint le poste collectif
de TV, et tout le monde s’indigne. Surgissent ensuite des CRS, qui se
livrent sans retenue à des violences. C’est alors qu’un policier
s’amuse à "calmer" la révolte en utilisant son Taser. Un policier ou
plusieurs ? Toujours est-il que trois étrangers seront transférés à
l’hôpital.






Le centre de rétention de Vincennes n’est qu’un des
visages de cette barbarie du quotidien. 26 autres camps de rétention
parsèment le territoire hexagonal, verrues liberticides florissantes en
ces temps d’expulsions à tout-va et d’hystérie identitaire. En Europe,
ce sont pas moins de 175 centres (en 2008) du type de Vincennes,
antichambres à l’expulsion, qui s’étalent, plus ou moins légalement.


À Vincennes, l’incendie de juin 2008 s’est déclenché le
lendemain de la mort d’un détenu tunisien, auquel le médecin du centre
avait refusé son traitement. « Avant de rentrer au
centre, il prenait déjà des médicaments tous les jours, il avait une
ordonnance du médecin. Il demandait des médicaments et on ne voulait
pas lui en donner
», explique un détenu le lendemain de l’événement.

Sa mort a été l’étincelle qui a mis le "feu aux poudres". Mais ce
feu couvait depuis longtemps : cela faisait plusieurs mois que le
centre connaissait un fort mouvement de résistance, à l’intérieur
(grèves de la faim, désobéissance généralisée…) comme à l’extérieur
(nombreuses manifestations aux environs immédiats, parloirs sauvages… [3].
La révolte a eu lieu sur la durée. Et c’est aussi - d’abord ? - cela
que l’État entend faire payer aux dix de Vincennes. Il faut que la
leçon porte. Que les inculpés baissent la tête. Et que tous leurs
camarades des centres de rétention fassent de même, oublient toute
velléité de rébellion devant l’aveugle répression.


Choisis arbitrairement parmi leurs camarades (il
n’existe aucune preuve de leur responsabilité directe dans l’incendie),
les dix de Vincennes sont les boucs-émissaires d’une politique
migratoire hystérique. S’ils font aujourd’hui face à un juge, c’est
pour payer au nom de tous ceux qui ont eu (et auront) l’impudence de
lever la tête. Maître Laurence Bedossa, avocate de l’un des dix
prévenus explique ainsi à Politis (ici) qu’il s’agit d’ « un
procès complètement incohérent, contraire à l’article six de la
convention européenne, contraire à notre procédure, où l’on vient
poursuivre de pauvres gens sans avoir de réelles raisons ni de réels
éléments à leur encontre.
» Alain Morice l’écrivait déjà en 2008 :



Le CRA de Vincennes a été le site d’une
résistance ardue, courageuse et intelligente de la part des personnes
enfermées là sous la garde de la police. Quoique la répression l’ait
fait payer cher à certains, ces « retenus » - détenus en fait, derrière
barreaux et verrous - ont tenté de faire jour après jour le plus
possible de publicité à l’extérieur sur le sort qui leur est réservé,
tout en créant assez de désordres à l’intérieur pour que leur révolte
cesse de passer inaperçue. Or le secret de l’efficacité de ces locaux
qui, selon l’expression consacrée, « ne relèvent pas de
l’administration pénitentiaire », est précisément que les gens sont
censés s’y tenir tranquilles, dans l’espoir vain que la sentence de
renvoi ne sera pas exécutée, sinon la police est là pour les faire
taire. C’est presque la seule loi qui a cours dans les CRA : celle du
silence
.





« Loi du Silence » ne pouvant être brisée que par un refus absolu des lois actuelles sur l’immigration et de leur application martiale [4].
Pas uniquement au cas-par-cas ou en cherchant à humaniser des lieux qui
ne pourront jamais l’être. Mais en les refusant totalement, absolument
- Beau comme des centres de rétention qui flambent, disait l’affiche…


C’est peut-être ce témoignage d’un détenu qui résume le mieux les choses :



Il faut penser la lutte autrement. Les
gens et les flics se foutent de la grève de la faim. Ils se foutent des
sans-papiers. Ils s’en foutent si on crève. Les gens bouffent des lames
de rasoir tous les jours et l’on n’entend pas parler d’eux. Les petits
trucs qu’on fait ne valent pas le coup. Il faut vraiment foutre le
bordel pour leur mettre une vraie pression. Quand j’étais dehors, je
travaillais. J’allais boire des verres après le travail. Je sortais
avec mes amis. Je me foutais du reste. Quand j’ouvrais un journal, je
ne m’intéressais qu’aux gros titres. Pour les gens, c’est pareil. Il
faut que ça pète pour qu’ils s’intéressent à nous.


Il faut que ça pète pour qu’ils s’intéressent à nous. C’est vérifié. Il faut désormais s’assurer que l’on s’intéresse aussi à eux après le passage à l’acte. Pour que l’incendie, un jour, se propage au gré des vents.



Edit, jeudi 19H : Ceux
qui souhaiteraient plus d’informations sur le déroulement du procès
seraient très inspirés de se rendre sur le blog de la glorieuse
Antimollusques qui a couvert les trois journées, de l’extérieur et de
l’intérieur : Jour 1, Jour 2 et, surtout, Jour 3
(le plus exhaustif qui entre vraiment dans le vif du sujet). A noter,
elle continuera ce travail pour la suite du procès, à surveiller ici, donc.


A lire également sur la question, l’excellent billet de Guy M., "Feux et contrefeux sur un air de pipeau".






Notes


[1] Mais je te renvoie sur ce point aux quelques nouvelles données par les médias. Par exemple, ICI.


[2] À lire d’urgence, d’autant que l’intégralité des bénéfices est reversé à la défense des inculpés.


[3] Le lendemain de l’incendie, Frédéric Lefebvre, jamais en panne de bons mots, rejetait la culpabilité sur les « "collectifs",
type RESF (Réseau éducation sans frontières) qui viennent faire des
provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger
des étrangers retenus
».


[4] « Juste
après l’incendie, les déclarations qualifiant cet événement de "drame"
se sont multipliées. Or : le véritable drame est de vivre traqué, dans
la crainte permanente d’être arrêté,enfermé, expulsé. Que de nombreuses
personnes soient acculées à choisir le suicide et l’automutilation
comme portes de sortie de la rétention, qu’il y ait de plus en plus
d’arrestations et d’expulsions, là se situe le vrai drame.
» (Feu au centre de rétention, conclusion des rédacteurs.)


vu sur article XI
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