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 Soutien aux inculpés du G8 de Gênes

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le git
gaucho baroudeur...
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Nombre de messages : 230
Date d'inscription : 02/11/2008

MessageSujet: Soutien aux inculpés du G8 de Gênes   Ven 6 Nov - 23:34


Le 9 octobre 2009, la justice italienne a condamné en appel dix inculpés du contre-sommet du G8 de Gênes de 2001.
Ils ont reçus, pour «destruction et saccage», de très longues peines de prison ferme :


Carlo Arculeo : 8 ans
Carlo Cuccomarino : 8 ans
Marina Cugnaschi : 12 ans et 3 mois
Luc Finotti : 10 ans et 3 mois
Alberto Funaro : 10 ans
Ines Morasca : 6 ans et 6 mois
Francesco Puglisi : 15 ans
Dario Ursino : 7 ans
Antonio Valguarnera : 8 ans
Vicenzo Vecchi : 13 ans et 3 mois


Ce procès arrive 48 heures après celui de 45 policiers où 15 seulement
ont été condamnés à des peines très légères. Ont été acquittés le
préfet Ganni De Gennaro, alors chef de la police ainsi que d’autres
membres de la hiérarchie qui ont dirigé la répression à Gênes en
juillet 2001, bien que la justice ait considéré comme illégale la
charge de la police ayant engendré les plus violents affrontements. La
répression a fait un mort, Carlo Giuliani, 23 ans, tué par balles lors
de cette charge, plusieurs centaines de blessés, des violences dont les
plus fortes ont eu lieu à l’école Diaz où était installé le centre de
média indépendant et où dormaient 307 manifestants qui ont été arrêtés
puis séquestrés pendant trois jours dans la caserne du Bolzaneto,
subissant sévices et humiliations.

Les journées de Gênes ont vu la
réunion pratique et puissante d’une opposition à la réunion des chefs
d’État de la planète, et plus généralement à l’ordre économique
mondial. Réunion internationale, forum social : 300.000 personnes se
sont réunies à la manifestation du 20 juillet malgré la militarisation
et le verrouillage de la ville.

Huit ans après, ce 9 octobre, les peines prononcées sont très, très
lourdes. La disproportion est éclatante entre les chefs d’inculpation
qui touchent des destructions de biens matériels et ces cent années de
prison au total. Ce n’est pas telle ou telle action individuelle, telle
ou telle personne que la justice italienne punit. C’est l’ensemble des
événements politiques du contre-sommet qui se trouvent sanctionnés. Ces
dix-là paient pour toute l’action collective, pour tout le mouvement
social et politique qui a eu lieu à Gênes. Cette décision de justice
ressemble à un grand signal de terreur pour toutes celles et ceux
qui contestent l’ordre social. Elle poursuit la répression sauvage du
contre-sommet. Ces procès sont la deuxième vague de vengeance de l’État
italien. Pour que la lutte contre l’injustice sociale et les rapports
économiques sauvages, les conflits qu’ils génèrent soient cantonnés
dans des formes invisibles, aseptisées qui ne gênent pas réellement
l’ordre établi.

La tolérance du pouvoir envers les formes de révolte non autorisées n’a
cessé de diminuer et, alors que la conflictualité sociale tend à
s’aggraver, ces condamnations marquent un nouveau pas dans le délire
répressif en cours en Italie comme ailleurs. Notre pays ne manque lui
aussi pas d’exemples dans ce domaine, comme le montrent les récents
évènements de Poitiers (une manifestation anticarcérale ayant débouché
sur le bris de quelques vitrines) après lesquels un homme a été
condamné à quatre mois de prison ferme «pour jet de pile» sur la
police, puis un autre interpellé lors d’une manifestation de soutien
consécutive pour avoir comparé publiquement l’officier de police à un
collabo célèbre.

En dehors du fait que les condamnations de Gênes dépassent toutes les
bornes de l’entendement, et demeurent même sans commune mesure avec les
peines les plus dures infligées pour ce genre d
actes,
elles sortent totalement des règles les plus ordinaires du droit pénal.
Les personnes condamnées se voient infliger, pour quelques dégâts
matériels (des bris de vitrine), des peines que nombre de meurtriers ne
purgeraient pas. Dans ce cas, comme dans ceux où il maquille des
assassinats sous des accidents de la route, comme à Villiers-le-Bel, ou
à Fréjus récemment, l
’État réprime en
faisant fi des règles qu
’il sest
lui-même imposé. Quand il protège les siens contre les poursuites
judiciaires que des affaires de corruption ou de mœurs pourraient
entraîner, il outrepasse également la légalité. C
est que le droit est traversé par les rapports de forces qui existent au sein de la société, et que parfois il na pas eu le temps de
s
adapter aux
nouvelles pratiques de la domination, alors sa sacro-sainte indépendance est violée, mais cela fait bien longtemps que ce n
est plus une sainte-nitouche…

La plupart du temps, le droit s
adapte,
et en nos temps de répression tous azimuts, cela donne les législations
antiterroristes, qui permettent de torturer des Irakiens, ou d
enfermer des
épiciers communistes. Si la justice a été un temps garante des libertés individuelles contre l
arbitraire de l’État, aujourdhui elle nest plus quun des accessoires entre les mains de larbitraire étatique,
qu
il utilise selon
ses humeurs. Ceux qui quémandent auprès de l
appareil judiciaire un peu de justice sociale, prennent cette bureaucratie de tribunaux et de prisons pour la garantie dun monde damour et de paix, ceux qui préfèrent
manifester entourés de «gardiens de la paix» plutôt qu
aux côtés de briseurs de vitrines ne font que retarder un peu lémancipation des exploités par eux-mêmes.

Aujourd
hui, alors
que nos camarades italiens sont persécutés par l
’État berlusconiste depuis huit ans, mettons tout en œuvre pour quils cessent dêtre poursuivis, et que ce genre de condamnations ne se reproduise
plus.

Nous appelons à ce qu
’une solidarité en actes se manifeste un peu partout contre ces procès intolérables.
Nous appelons à ne pas céder à l’intimidation et à ne pas oublier qu’
ici comme ailleurs, le pouvoir a de bonnes raisons lui aussi de trembler. Nous appelons ainsi à participer à la manifestation du 8 novembre contre les prisons.




Assemblée générale
pour organiser des actions face à la répression
mardi 10 novembre à 18 heures au CICP


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