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 CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?

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vieux de la vieille
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MessageSujet: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Mar 18 Aoû - 12:34

En pleine torpeur estivale, le délégué CGT des « Conti » de Clairoix, Xavier Mathieu, a violemment attaqué le patron de son syndicat, Bernard Thibault, ce lundi matin sur France Info :
« Les Thibault et compagnie, c'est juste bon qu'à frayer avec le
gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu'à ça, toute
cette racaille. »


http://eco.rue89.com/2009/08/17/cgt-thibault-une-racaille-bonne-qua-calmer-la-base
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Mar 1 Sep - 10:25

Un homme en colère



portrait


Xavier Mathieu. La lutte des «Contis» de Clairoix a révélé le
bouillant délégué CGT, 44 ans, qui défie aussi la direction de son
syndicat.«Salut, vous êtes sur le
portable de Xav’, un des 1120 futurs chômeurs de chez Continental. Ben
j’suis pas là. Laissez un message.»
Tout y est, dans ces quelques
notes de répondeur. Le ton gouailleur, la voix assurée, le langage
franc. Xavier Mathieu, on a l’impression de le connaître depuis
longtemps. Sans doute parce que d’entrée, il tutoie. Et pose sur vous
ce regard engageant, un chouia malicieux, qui fait frissonner les
femmes et enhardit les hommes. Il faut dire, aussi, que depuis six mois
il est abonné aux manchettes des journaux. Un jour meneur de lutte des «Contis» de
Clairoix, une autre fois prévenu au tribunal de grande instance (TGI)
de Compiègne, ou encore délégué CGT qui fait trembler Bernard Thibault
et consorts. L’homme est entier mais aussi multiple.
S’il y a un bien une chose que ne conçoit pas Xavier Mathieu, c’est
qu’on veuille le ranger dans une case. Quand on tente de lui coller
l’étiquette Lutte Ouvrière ou Nouveau Parti Anticapitaliste, il voit
rouge. Non qu’il ait une dent contre l’extrême gauche. Au contraire.
Mais il craint de se sentir «parqué». Dit vouloir rester un «électron libre». «Attention, je ne suis pas une girouette. J’ai des idées»,
tient à préciser l’admirateur de José Bové, qui vote Verts à chaque
scrutin. Seule exception: aux élections européennes, il a glissé un
bulletin Lutte Ouvrière dans l’urne pour remercier Roland Szpirko,
ancien élu régional LO de l’Oise, devenu son mentor lors du conflit
chez l’équipementier automobile. «J’ai demandé qu’on l’appelle dès
la fermeture de l’usine, le 11 mars, car il avait mené une lutte
exemplaire avec les Chausson dans les années 1990. Tout seul, je ne me
sentais pas capable de faire face au conflit»
, avoue Xavier Mathieu. Et d’égrener les «bonnes décisions»
prises grâce à celui qui est devenu un ami : mise en place d’un comité
de lutte, «AG» chaque jour, manifs à Paris et à Hanovre ou encore prime
de 50000 euros par salarié.
Lutte Ouvrière qui fricote avec les ouvriers, ce n’est pas du goût
de la CGT. Encore moins quand Olivier Besancenot, leader du NPA,
s’affiche dans les manifs des Contis alors que Bernard Thibault ne
s’est pas déplacé. Pendant quatre mois, Xavier Mathieu ronge son frein.
Le divorce est consommé le 17 juillet. Avec six collègues, le délégué
comparaît pour avoir, le 21 avril, saccagé la sous-préfecture de l’Oise
à Compiègne aux côtés de 200 salariés furieux de la fermeture de leur
usine. «Thibault a refusé de demander notre relaxe. La seule réponse qu’on a eue, c’est que la CGT ne soutient pas les voyous», fustige Mathieu. Le 17 août, au micro de France Info, il se lance dans une violente diatribe contre sa hiérarchie : «Les
Thibault et compagnie, c’est juste bon qu’à frayer avec le
gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute
cette racaille.»
Deux semaines plus tard, la colère n’est pas
retombée. Comme un boxeur qui monte sur le ring, il a préparé une
définition du mot racaille («un élément méprisant dans une organisation»), en rajoute une couche («c’est un parasite»),
annonce qu’il pourrait rendre sa carte si Thibault est réélu lors du
congrès de la CGT en décembre. Puis le visage se relâche et le ton
change. Naïf : «Je ne pensais pas que mes propos auraient un tel poids.» Provocateur : «L’interview de France Info, je l’ai réalisée devant le match PSG-Montpellier.» Inquiet : «Comment
ont réagi les secrétaires fédéraux?» Mathieu vient en tout cas
d’enregistrer un premier retour de bâton : il est déprogrammé de la
Fête de l’Huma, le 12 septembre.

Ses sorties intempestives ont fait sa réputation. Sa compagne
Florence, jolie brune d’origine vietnamienne, institutrice dans l’Oise
où vit le couple, confirme qu’«il a la langue plus rapide que son ombre». Avant de confier : «Il se prend facilement la tête avec les gens, même s’il sait reconnaître ses erreurs.» Ces derniers mois, Xavier Mathieu a beaucoup appris. A commencer par s’accepter tel qu’il est. «C’est
plus fort que moi, je dis les choses et je réfléchis après. Mais avec
les responsabilités, j’ai eu très peur de me tromper. Cela a dû me
rendre moins arrogant.»
Une mutation qu’a perçue Fabrice Queniez, délégué CFDT de l’usine : «Avant,
il s’emportait à tout-va, foutait toutes les réunions en l’air. Pendant
le conflit, j’ai découvert un bonhomme plus réfléchi.»

Sa grande gueule, Xavier Mathieu la tient de son père, un Auvergnat
qui pose ses valises à Tracy-le-Val (Oise) en 1968, pour gérer un
chantier de charbon. «C’était l’emmerdeur public numéro 1»,
s’amuse le fiston. Les Mathieu auront quatre garçons en trois ans et
demi, des jumelles huit ans plus tard et une petite dernière,
aujourd’hui âgée de 23 ans. Xavier, 44 ans, est le quatrième rejeton de
la famille. Son père lui transmet le goût du militantisme écolo; sa
mère, des valeurs religieuses qui désarment ceux qui croisent sa route.
L’air sérieux, il s’interroge: «Si Jésus revenait sur la Terre, je me demande de quel côté politique il serait.»
La religion et la politique, pour lui, c’est du pareil au même : il
refuse de s’adonner à un culte en particulier. Prie juste une force
supérieure afin «d’être guidé».
Petit, Xavier n’aime pas l’école, incapable de rester assis ou de se
taire. A 16 ans, il obtient un peu par hasard un CAP de boucher. De la
même façon, il entre sans trop réfléchir chez Continental sept ans plus
tard, comme confectionneur. Premier souci à l’atelier : la direction
veut augmenter les cadences. Le jeune homme, pas encore encarté,
rouscaille. On l’invite à rejoindre la CGT. Mais le premier gros combat
de la centrale, en 1994, il le manque en raison d’un arrêt de travail. «Je m’étais écrasé la main dans une machine. J’ai vécu les trois semaines de grève chez moi, regrette-t-il. Ça a été dur.» Alors, le 11 mars dernier, il ne manque pas l’occasion de se rattraper. Au point de s’investir corps et âme dans la lutte. «Au début, je ne dormais que trois heures par nuit. Je marchais au Lexomil, raconte-t-il. J’ai perdu six kilos.» La carapace du dur à cuire abrite un «bileux», comme il se qualifie.
A Port-la-Nouvelle (Aude), où ses parents possèdent une petite
résidence secondaire, il tente d’oublier les quatre mois de lutte en
pêchant, «la seule activité pour laquelle je peux rester assis des heures».
Il ressent un vide. Pas lié à l’absence des caméras ou à la peur de
retomber dans l’ombre. Non, ce sont les copains qui lui manquent, avec
lesquels il a vécu sa «plus belle histoire» - après la
naissance de ses trois enfants. Et de se remémorer la virée à six
Contis, le 31 juillet à Châtellerault, pour soutenir les New Fabris. «Le putain de pied qu’on a pris!», s’exclame-t-il, les yeux brillants.
Xavier Mathieu dit ne rien regretter mais espère ne pas payer trop
cher son exposition. Son prochain combat : retrouver un boulot.
Peut-être dans l’environnement. A la question d’un éventuel engagement
politique ou syndical, il retrouve sa verve. «Les calculs et la langue de bois, c’est pas dans ma nature, s’emporte-t-il. Et avec le temps, tu fais le tri dans les combats.» Première échéance : le jugement du TGI de Compiègne, demain. Le bagarreur est plutôt serein. Mais ajoute :«Ma maman m’a toujours dit: "C’est la vie qui te mate".»

Xavier Mathieu en 7 dates

15 mai 1965 Naissance à Paris XIVe.

1988 Embauché à l’usine Continental de Clairoix (Oise).

11 mars 2009 La fermeture de l’usine est annoncée.

21 avril Saccage de la sous-préfecture de Compiègne (Oise).

25 juin Fin du conflit. Chaque salarié licencié reçoit 50 000 euros.

17 août Traite Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, de «racaille».

1er septembre Jugement du tribunal de Compiègne, sur le saccage de la sous-préfecture.


vu sur libé
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Wesh
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Mar 1 Sep - 15:31

Mouais ...
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petitjean
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Mar 1 Sep - 23:24

Dans ses vitupérations, Mathieu a surtout regretté que la tête ne s'occupe pas de la base. Il ne fait que regretter l'attitude de la direction, pas le principe de la direction elle-même.
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manou
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Mer 2 Sep - 21:25

Facile de dire ça comme ça...

et ses vituperations comme tu les appellent sont pas dénués d'une certaine réalité...

Citation :
A l'issue du conflit de Continental Clairoix, vous vous en
êtes pris aux instances dirigeantes des syndicats, notamment au vôtre,
la CGT, en traitant Bernard Thibault de "racaille". Pourquoi ?

Ce n'est pas une attaque contre la CGT. J'ai trop de respect pour
tous les salariés et délégués qui se battent comme des fous durant les
conflits. J'ai plutôt parlé en leur nom, et je peux vous assurer que
beaucoup pensent comme moi, à savoir qu'on n'est pas assez soutenus.
D'ailleurs, je ne reproche pas à Bernard Thibault de ne pas venir
devant les usines. Ce que je reproche à la direction, c'est qu'elle a
refusé de nous soutenir quand nous étions convoqués au tribunal (pour les destructions dans la préfecture de l'Oise).
Quand on a demandé de l'aide, il n'y a que des partis politiques de
gauche qui sont venus et aucune confédération syndicale. Alors que dans
les sept convoqués, il y avait trois élus CGT, deux syndiqués et deux
sympathisants. Dans les confédérations paysannes ou autres, on
n'abandonne jamais ses adhérents. La CGT a laissé ses propres délégués
dans la merde. C'est honteux.
Il y a une fracture entre les directions des confédérations et la base ?
La fracture entre la base et les directions est générale. Pas
seulement du côté de la CGT. C'est pareil à FO ou à la CFDT. Je ne
regrette pas mon coup de colère. Quand le mec pour qui je paie mes
timbres depuis 18 ans refuse de venir soutenir des ouvriers poursuivis
au tribunal pour s'être battus, je n'ai pas de respect pour lui. Ce
n'est pas parce qu'il est au-dessus de moi que je suis obligé de
l'adorer. D'ailleurs, je vais arrêter de répondre là-dessus. J'ai juste
un conseil à leur donner : c'est d'arrêter de penser que tous ceux qui
sont en colère sont manipulés par l'extrême gauche. Ça, c'est le même
discours que l'UMP. Et franchement, ce n'est pas très respectueux de la
classe ouvrière, de penser que nous sommes des moutons incapables de
nous battre tout seuls.
On vous a pourtant accusé de rouler pour le NPA d'Olivier Besancenot...
Ça fait quatre mois et demi qu'on nous répète les mêmes conneries. A
la CGT de Continental Clairoix, il n'y a aucun encarté, ni au NPA, ni
au PC, ni à LO. Aucun. C'est la mode : dès qu'on n'est pas content, on
est taxé d'être d'extrême gauche. Je suis allé à l'université d'été du
NPA parce qu'ils m'ont invité. J'avais dit, à l'époque où différents
partis nous avaient soutenus, que j'étais prêt à venir parler de la
lutte des Conti. Je l'ai fait pour Lutte ouvrière en juin, je l'ai fait
au NPA, je le ferai le 12 septembre à la Fête de l'Humanité. Si les
Verts, le PS ou le PRG me le demandent, je le ferai.
Mais mettre dos-à-dos les politiques et les syndicalistes, c'est de
la connerie. Quand Thibault demande l'interdiction des licenciements ou
la hausse du SMIC, ce n'est pas de la politique ? Est-ce que Bové n'a
pas été syndicaliste avant d'être homme politique ? La CGT reproche ça
uniquement si tu n'es pas au Parti communiste, tout le monde le sait.
Thibault refuse d'aller au NPA, mais il va bien à la Fête de l'Huma.
S'il ne veut pas faire de politique, il n'a rien à y foutre. Comment on
peut dire, si on est syndicaliste, qu'on ne fait pas de politique ? Le
syndicalisme, c'est de la politique ou alors je comprends rien.
Est-ce que les rencontres que vous avez faites pendant ces derniers mois peuvent aboutir à une coordination des luttes ?
Je ne sais pas. Tant que ça ne sont que les gens qui sont dans la
merde qui appellent à l'aide, ça n'aboutit pas. Ça bougera quand ce
seront les gens qui n'ont pas de problèmes qui viendront aider. En
plus, je vois bien que quand on était dans notre lutte, on avait
d'autres choses à faire que d'aller organiser des coordinations avec
d'autres boîtes.
Et puis, je ne suis pas un professionnel de tout ça. Il y a six mois
de ça, je faisais mes trois parties de pêche par semaine, je regardais
le foot à la télé. Je défendais mes copains à l'usine, mais toutes ces
histoires, ça me dépassait.
L'après-Continental, vous le voyez comment ?
Je ne sais même pas ce que je vais devenir. Je suis en train de
réaliser aujourd'hui ce que les copains me disent depuis plusieurs mois
: "Tu t'exposes trop." Alors peut-être que mon plus gros
combat, ça ne va pas être Conti, mais de retrouver du travail. J'espère
que je me trompe, même si je ne regrette pas ce qui s'est passé. Tout
ce qu'on a vécu durant ces six mois, tous ces efforts et cette chaleur
humaine, je ne sais pas si les gens qui me critiquent peuvent le
comprendre.
Lemonde

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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 0:15

petitjean peut avoir raison sur ce point, et par rapport à un angle qui apostrophe les directions syndicales, mais pouquoi n'en rester que là, et ne sortir que ce type de commentaire ?
çà apporte quoi par exemple, alors qu'autour des "conti", des "New Fabri" souffle un vent de révolte ? Celà me paraît condamner, faire un peu donneur de leçon et regarder le train passer...Moi j'aurais un peu de mal à venir donner des leçons à ces gars là.
Ce que je vois, de mon point de vue, c'est la classe ouvrière qui relève la tète, ce que je lis et entend c'est que la classe ouvrière doit lever le poing, et au delà...puisqu'il y a des appels à convergence...
Et non seulement il faut soutenir, être solidaires face à la répression, mais ces appels, il faut s'en emparer, les relayer, et construire...
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petitjean
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 1:04

Oui c'est vrai mon commentaire peut paraîre lapidaire mais c'est vrai qu'entre Poitevins on a déjà des débats assez avancés sur ce que sont les syndicats locaux tu sais.
S'il faut développer un peu plus : je suis totalement solidaire de ces gens, dans l'action comme dans le soutien (et tu le sais très bien, vues nos discussions à ce sujet sur le forum que nous fréquentons ensemble ailleurs). Mais je crois que notre période mérite vraiment, mais vraiment mieux que ce genre d'analyse. S'il y a bien une leçon à avoir de ce qui se passe, et Mathieu est pourtant en première ligne pour le savoir, c'est que le problème ces derniers temps n'a été ni l'action répressive du patronat et de l'Etat (on sait ce qu'ils sont, on connaît leurs intérêts), ni même le manque de mobilisations, qui ont atteint des taux records d'adhésion de la population, et de durée dans certains secteurs.
Non ; le problème, ce sont les organisations jusqu'ici sensées gérer la résistance à ces attaques et sensées coordonner ces énergies.
Ces modèles d'organisations centralistes et bureaucratiques, avec leurs moyens archaïques de "front syndical" ont non seulement contribué à disperser et balayer les luttes, mais ont aussi clairement cautionné les avancées de l'Etat capitaliste en en légitimant le cadre général.
Il faut être lucide sur ce que sont les centrales syndicales depuis un an. Elles font partie intégrante de l'Ennemi, en ont été la pièce maîtresse. Ce n'est pas être déconnecté de la réalité ni manquer de respect vis-à-vis des gens que de poser cette question sans plus de détour. Pour ma part, j'ai plaqué tout ce que je connaissais et tout ce que procurait de "sûr" et de rodé, en quittant le SNES qui a poignardé les étudiants et les désobisseurs dans le dos... et j'ai pris le risque d'aller vers la CNT comme on saute dans le vide, si je regarde les effectifs dans mon domaine de taf.
Bref, si les propos de Mathieu me bouleversent comme tout un chacun, je regrette d'utant plus le côté partiel de son analyse, consistant à croire que le problème n'est pas la structure syndicale elle-même, ni la direction, mais les personnes à la direction.
Je suis persuadé que tant qu'on pensera ainsi, on aura beau soit rester, soit créer des syndicats nouveaux et pleins d'allant (tels que CFDT à une époque, ou Solidaires aujourd'hui), on reproduira exactement les mêmes échecs. Les moyens seuls conditionnent la fin. Et ce n'est pas pour "donner une leçon" que je dis cela, mais, vue l'importance et l'urgence et la détresse des gens, à mon sens poser l'un des angles décisifs pour sortir du problème.
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 2:48

Je ne cerne pas bien ce mouvement poitevin dont tu parles en terme de "on". Si les débats sont avancés c'est tant mieux...mais je vois aussi des positionnements, et pas que le tien en uniformité.
Je trouve vraiment que celà fait plutôt donneur de leçon, car je dirais que ces gars là ils ont au moins autant à m'apporter que ce que je pourrais leur apporter.
Citation :
et j'ai pris le risque d'aller vers la CNT comme on saute dans le vide
Smile . Bon, c'est un "quote" facile et si tu me tends la perche en plus...
Je ne confond pas l'espace organisationnel politique spécifique avec le syndicat. Je sais d'ailleurs qu'à Poitiers il y a aussi un peu de travail syndical de mené (pas que aussi, et avec des trucs intéressants d'ailleurs), mais...
Je ne suis pas vraiment "syndicaliste", mais si je rentre dans un syndicat, j'essaie de rentrer dans quelque chose qui s'en rapproche quand même un peu, et un espace un peu plus quantitatif et plus large que le micrososme habituel, sinon autant ne pas faire de "syndicalisme". Pour SUD/Solidaires, je n'ai pas ta boule de chrystal, et en tout cas dans le 37 on reprend ce type d'appel porté aujourd'hui. De fait si je suis à l'écoute de ce type d'appel porté par les New Fabris, les conti et d'autres, même s'ils sont à la CGT, c'est parce que je pense que l'auto-organisation doit se construire aussi au delà des espaces syndicaux, et pas forcément sans eux, et pas sans ces bases combatives. Je vois d'ailleurs que base combative et direction syndicale ne font pas bon ménage...
Mais cultiver la marge et se poser en donneur de leçon, ne permet certainement pas de partager avec ceux avec qui il faudrait partager justement...
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petitjean
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 11:28

Il n'y a heureusement pas d'uniformité des avis à Poitiers. Mais si tu connaissais un tant soit peu Poitiers tu éviterais de dire que c'est se poser en donneur de leçon, toi qui passes ton temps à en donner, que de dire les évidences. A Poitiers, il y a une critique virulente des organisations politiques ou syndicales... y compris des orgas anars spécifiques ou anarchosyndicalistes ! Etant moi-même organisé sur ces deux champs de luttes et n'étant pas toujours "épargné" sur ce point, je ne crois pas "donner de leçon" en posant ce fait.
Sinon je sais que t'es SUD mais la CNT, c'est pas non plus de "l'espace organisationnel politique spécifique", elle existe syndicalement et elle a été présente dans les luttes et les manifs. Elle n'existe juste plus vraiment chez les enseignants, c'est dans ce sens que je disais que j'ai un peu "sauté dans le vide" - mais la CNT existe dans d'autres champs d'activité et a pu être très active au coeur des mouvements cette année encore, surtout chez les étudiants (vue la démographie poitevine) mais pas seulement. Quant à la CNT Education, elle vient d'être remontée ; il suffit d'en avoir la volonté, ça a été fait.
mais toi, quand tu dis que "ces gars-là" ont à apprendre aux autres, de qui tu parles avant de me taxer de "cultiver la marge", sur un ton ausi péremptoire ? Si tu parles de "base militante", je bosse précisément avec les gens, et au quotidien figure-toi, et j'ai un pu l'expérience de ce que les gens, dans l'Education ou dans les usines, pensent. Le taux de syndicalisation en France n'est pas ridicule pour aucune raison Piero.
C'est pas un scoop, si tu les frquentes toi aussi un peu, les gens : ils en ont marre de voir leur parole confisquée par leurs directions, se poser en donneurs de leçons !
Et si tu parles de bosser avec des gens afin d'élargir le mouvement au-delà des syndicats, j'ai activement participé à l'interlutte ou à des collectifs... Cela ne m'empêche pas de donner mon avis sur ce qui se passe, bien au contraire ! On n'a plus le droit d'émettre une critique sur les discours qui ne remettent pas en cause les structures syndicales actulles comme la CGT sans se faire taxer de "donneur de leçon" ? Si c'est Xavier Mathieu qui parle, on a plus le droit de dire que sa critique de la direction ne concerne manifestement que des personnes ?
Après tout ce à quoi on a assisté ces dernières années, pour ma part excuse-moi mais je trouve que c'est au contraire se poser en "donneurde leçon" que de continuer à prôner l'unité syndicale, le "quantitatif" ou que sais-je encore !
Par contre, si tu parles des orgas, je parle de vécu très concret, dans des orgas politiques et syndicales bureaucratiques, centralistes. C'est pas du blabla creux tu sais, j'ai un peu vécu moi aussi. Et comme d'autres, avant de m'en barrer j'y ai cru jusqu'au bout, cru qu'on pouvait composer avec les gens au sein de la structure... quelle claque au final, quelle déception, et quelles rancoeurs. Je ne pense pas être le seul à râler, et si tu es à Sud tu connais les débats houleux avec Solidaires.
Et ben tant mieux si tu n'en es pas à la rupture. Pour ma part, j'ai subi très concrètement ces orgas-là, au boulot avec des délégués donneurs de leçons et étouffeurs de mouvements, en manif avec des gros bras qui te parlent comme s'ils étaient des flics, et dans les tentatives de faire ce que tu appelles de "l'auto-organisation au-delà des espaces syndicaux", avec des orgas politiques ou syndicales qui ne cessent de vilipender et de saboter ainsi que toi-même ne cesses de le faire dès lors où je pose le moindre début de critique constructive.
"Cultiver la marge ? Se poser en donneur de leçon ? Ne pas partager avec ceux avec qui il faudrait partager ?"
Je donne en effet mon avis sur les structures syndicales centralistes, y voyant des structures qui ont montré, dans la pratique très concrète, qu'elles trahissaient les mouvements, qu'elles bradaient les luttes.
Si pour toi le syndicat ça doit être "quantitatif et large", à savoir concéder sur les méthodes et le fond dans le seul but d'être soi-disant avec un max de monde, grand bien te fasse ; pour ma part, je connais ce discours massifiant dont on sait, depuis toujours, à quoi il mène.
Regarde, toi qui te prétends révolutionnaire, si les révolutions qui ont un tant soit peu émergé l'ont té sur des bases syndicales réformistes, fussent-elles de masse. Non, elles l'ont été, en Russie, en Allemagne, en Ukraine, en Espagne, au Mexique... partout sur des bases radicales et autogestionnaires. C'est du reste ce que je pense instructif en termes stratégiques : poser ces bases structurelles-là, et après on construit le collectif au maximum.
Le collectif sans les structures qui lui permettent de s'exprimer lui-même, ça ne se traduit dans la réalité que par un discours bureucratique de masse dans lequel je reconnais tous les sermons des PCF, trotskos et autres bureaucrates syndicaux, qui vilipendent toute forme d'action directe. Alors quand tu dis que s'il n'y a pas le quantitatif "autant ne pas faire du syndicalimse", qui donne des leçons ?
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manou
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 20:08

.
Citation :
Bref, si les propos de Mathieu me bouleversent comme tout un chacun, je regrette d'utant plus le côté partiel
de son analyse, consistant à croire que le problème n'est pas la
structure syndicale elle-même, ni la direction, mais les personnes à la
direction.

Bah moi je suis pas d'accord... enfin en lisant le texte a la lettre si... mais en l'occurence quand tu a suivi un peu l'affaire (le saccage, le contact avec les autres entreprises en lutte dans la région...) tu vois que y a aucune dépendance aux directions syndicales dans la structure de lutte...
Quand tu suis également l'histoire du mouvement révolutionnaire, la plupart des luttes dures, autogestionnaires et radicales ont été le fait des bases syndicales qui se sont dissociés des directions dans un soucis d'autonomie. C'est par exemple le cas des ouvriers italiens et de CGIL (CGT italienne) dans les années 70...

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Pïérô
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 20:41

Citation :
petitjean à écrit :
qui donne des leçons ?
toi !
et d'ailleurs toujours dans le même registre, et avec le même sermon.
Et à côté du sujet. Puisqu'en plus de la critique de la direction syndicale, Xavier Mathieu porte aussi la question de l'auto-organisation. Du coup, je voudrais dire, et c'est d'ailleurs la deuxième fois que tu me fais le coup depuis que je suis arrivé sur ce forum, que j'ai horreur que l'on m'invente des propos que je ne tient pas ou des intentions que je n'ai pas. Je ne me sent absolument pas concerné par une bonne moitié de ton post !
Dans mes premiers posts il me semble avoir développé cette question du dépassement des directions syndicales et de l'auto-organisation, je t'y renvoie, celà m'évitera de me répéter.
Je partage ce que dis manou, qui a raison d'expliquer que les bases combatives elle ne sont pas que dans la grande et historique CNT. Là en l'occurence, et comme souvent dans le privé, se sont des éléments combatifs de la classe ouvrière qui sont encore à la CGT.
Du coup il est évident que ce type de positionnement et d'appel pour moi a de l'importance. Toi tu portes un jugement, et n'apportes aucune piste d'intervention là où il me semble qu'il y aurait deux choses à voir. D'une part la question de la solidaité concrète, en terme de manifestation de notre révolte face à la répression qui touche les "conti", et en terme de solidarité financière, et d'autre part cette question de l'auto-organisation ouvrière portée par l'appel des New Fabris, rejoints par les contis. Certains d'entres eux, alors que c'est fini, qu'ils n'ont plus rien à gagner de plus, qu'ils pourraient rester tranquillement chez eux ou aller à la pêche à la ligne, continuent à arpenter l'hexagone de rassemblements en rassemblements, pour continuer à inviter à lutter et à converger. Et pour moi il est clair, lorsque je disais qu'il y avait des choses à partager, qu'il y a là un élément qui fait un peu avancer le scmilblick. Et parce qu'on a essayé dans le cadre d'appels locaux où on a ramé, à Tours comme ailleurs, que l'on en était à dire qu'il fallait passer un cap, et trouver le moyen de lancer un appel hexagonal, pour porter l'auto-organisation et se passer en actes des directions syndicales, je pense qu'il y a là une dynamique qui me semble intéressante et importante, et qu'il serait dommage de passer à côté ou de remiser aussi peremptoirement.
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 3 Sep - 22:00

Manou : j'espère comme toi que cette dissociation se fera et salue évidemment la convergence de ces luttes ouvrières ; c'est d'ailleurs bien pour cela que j'ai relevé dans le discours de Mathieu (sans doute comme toi) des petites choses qui me font dire qu'on est en bonne voie mais qu'on en est pas encore tout à fait là, notamment la "déception" par rapport à une direction qui aurait trahi. Comme si la direction n'était pas antinomique avec le principe même d'autogestion, comme si les deux années qui viennent de s'écouler n'avaient déjà pas montré à quel point il n'y a plus rien à espérer de ces bureaucrates. Or ça me paraît fondamental aujourd'hui ! Au même titre que pour dénoncer le système politique actuel, il faut éviter de se contenter d'antisarkozysme, il faut porter la critique claire et nette des structures bureaucratiques syndicales elles-mêmes, dans leur principe même, plutôt que sur la nature de leur "tête". Il n'y a rien de méprisant vis-à-vis de Mathieu là-dedans, juste une critique que je trouve non destructive, mais au contraire préalable très important à toute construction de riposte collective.

Bon Piero : où vois-tu que je méprise ces dynamiques ? Employer de tels amalgames sur mon compte est ridicule. Tu fais une critique de mes propos complètement à côté de la plaque, assortie d'allusions minables sur ma culture de la marge ou de la radicalité... et m'invitant à rencontrer les gens en lutte ?

Hum, je n'ai pas critiqué les dynamiques dont tu parles, ni critiqué les syndiqués, où qu'ils soient et quels qu'ils soient, syndiqués ou pas.

Bien au contraire, j'y participe au maximum vois-tu ; avec ou sans la CNT d'ailleurs (et même encore le plus souvent sans, pour l'instant) ; j'y bosse au quotidien, peut-être plus encore qua je bosse dans le taf qui me fait vivre ; vais voir les gens en lutte dès que je suis au courant pour pousser à tout ce que tu décris, avant-hier dans un collectif, hier avec des parents d'élèves, aujourd'hui avec les cégétistes d'une boîte en grève où des licenciements ont lieu...
Quant aux convergences dont tu parles, j'ai toujours prôné à l'interlutte la nécessité de rencontrer les gens des industries en grève. J'ai proposé qu'on s'organise pour aller à Châtellerault, alors même que deux de nos camarades passaient au tribunal et que nous voulions tous les soutenir.
Du reste, je ne pense pas avoir à étaler mes activités militantes sur internet, pour convaincre qui que ce soit de tout cela, à Poitiers, à Châtellerault ou à Saint-Savin. Que tu me calomnies et me donnes des leçons là-dessus est juste ridicule et grotesque.
Par contre ce que je comprends moins, en particulier pour quelqu'un qui se prétend révolutionnaire et libertaire, c'est ton acharnement à calomnier dès que je porte une analyse critique de ce que j'estime le noeud du problème, à savoir la croyance que l'on peut encore espérer des directions syndicales bureaucratiques.
Mon post ne consistait qu'en cela, et malgré mes explications, tu t'obstines.
Je n'ai porté que la critique sur les directions syndicales, et les illusions qu'entretiennent encore certaines personnes de la base sur la nécessité de telles directions. Il me semble que c'est le minimum syndical pour construire, pour des gens qui pensent comme toi et moi que l'organisation autogérée des gens est essentielle pour l'emporter.
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Ven 4 Sep - 22:03

C'est une polémique qui peut être sans fin vraissemblablement...
Surtout quand les mêmes éléments qui ne me concernent pas tournent en boucles.
Il ne m'interesse pas d'en appeller aux directions syndicales, et d'entretenir la moindre illusion de changement quant à ces directions voire même de ces syndicats (CGT, FSU, CFDT, FO). Par contre je n'irais pas cracher sur des ouvriers en lutte parce qu'il sont à la CGT, et que certains seraient, mais rien n'est moins sûr, dans cette illusion.
Tiens je t'en glisse une autre, je suis aussi pour que SUDs/Solidaires quitte l'intersyndicale, et c'est d'ailleurs ce que l'on a fait dans le 37. L'unité pour moi çà se construit par la base, pas par le haut, et dans ce domaine il y a du boulot pour que l'on arrive à construire de l'auto-organisation, et de la coordination, et construire aussi au delà des seuls syndiqués...

Pour info, voilà le communiqué à l'initiative des New Fabris

Citation :
Lettre des New-fabris (Guy Eyermann)

Chers camarades,

Pour différentes raisons (en particulier sa venue tardive près d’un mois et demi après la fermeture et le début de l’occupation de l’usine), la manifestation du 30 juillet à Châtellerault en solidarité avec les New Fabris n’a pas été suffisante pour empêcher que le dénouement du conflit se fasse au détriment des travailleurs et au profit des patrons voyous, ceux de New Fabris mais surtout ceux de PSA et de Renault eux-mêmes.

Organisée en plein milieu de l’été, alors que beaucoup d’entreprises étaient déjà en congé, le nombre de délégations venues de Châtellerault et de la Vienne, mais aussi et surtout de bien d’autres régions de France, a cependant souligné le sentiment d’avoir été abandonnées qui domine dans beaucoup d’entreprises en lutte.

Car depuis longtemps, mais encore plus ces 12 derniers mois, c’est bien de l’isolement qu’ont aussi été victimes les salariés des entreprises qui subissent des licenciements, des plans sociaux ou des fermetures de site.

Cette manifestation a également prouvé que beaucoup sont prêts à passer à l’action concrète à condition qu’on fasse appel à eux.

Elle a prouvé enfin l’importance d’établir des liens à la base, entre les entreprises elles-mêmes, afin de permettre de susciter la réaction de tous et de toutes quand l’une de ces entreprises est attaquée. Or tout le monde le sait, les attaques qui redoublent déjà en cet été vont encore se multiplier à la rentrée.

C’est pourquoi les Fabris ont lancé le 30 juillet l’idée d’un collectif contre les patrons voyous et licencieurs.

A ce collectif, des délégations présentes le 30 juillet ont déjà dit qu’elles étaient prêtes à apporter leur adhésion comme celles de la CGT Ford Blanquefort ou de l’intersyndicale CFDT-CGT-CFTC de Freescale à Toulouse.

C’est également le cas d’autres entreprises qui ne pouvaient pas être présentes à la manifestation comme la CGT Merlin-Gerin dans les Alpes, la CGT Michelin à Cholet, la CGT Philips à Dreux, la CGT IBM à La Gaude ou encore le Collectif de Résistance Ouvrière qui regroupe plusieurs entreprises de la Meuse et de la Haute Marne (Sodetal, Mc Cormick, Ellat, Ebrex, Rocamat).

Et davantage encore, ces 2 dernières semaines, de nombreuses délégations ont affirmé leur intérêt pour l’initiative des Fabris : la CGT Molex à Villemur, la CGT SKF à Fontenay Le Comte, SUD Renault à Guyancourt, la CGT PSA Saint-Ouen, la CGT Continental à Compiègne, la CGT de la Caisse Des Dépôts, l’USM CGT des chantiers navals de Saint-Nazaire, la CGT et la CFDT de TDF (Télédiffusion De France), le syndicat FO du centre d’appels du Club Med à Saint Ouen, la CGT Renault Cléon, etc.

Cela confirme la nécessité de celle-ci. Nous entendons bien la maintenir et la développer.

Le but de cette lettre est de confirmer les premiers liens noués entre nous, voire de les établir.

Ce sont ces liens qui permettront au collectif de remplir d’abord son rôle d’informateur (faire connaître aux autres la situation de chaque boîte menacée) et peut-être ensuite celui d’organisateur de l’action (relayer les appels et les propositions d’action et de lutte d’ensemble qui pourraient être lancés à partir de telle ou telle boîte menacée).

Pour renforcer et confirmer le réseau que nous avons commencé à tisser avec cette idée de collectif, nous aurons certainement à proposer prochainement une rencontre entre nous qui pourrait se faire autour d’une des équipes militantes représentant une entreprise adhérente au réseau.

Et d’ores et déjà nous proposons de soutenir toutes les initiatives, quelles que soient leurs modalités et leurs formes, qui veulent contribuer, comme la nôtre, à aller dans le sens de la convergence, de la coordination et de l’extension des luttes comme le débat-concert organisée le 5 septembre à Blanquefort par la CGT Ford ou la manifestation du 17 septembre à la Bourse de Paris appelée par les fédérations CGT de la Chimie et de la Métallurgie.

En espérant que votre réponse sera que, comme nous, vous souhaitez renforcer nos liens afin que nous ne restions plus rester isolés chacun dans notre usine, bureau ou chantier face à des patrons et un gouvernement qui eux sont fermement unis comme l’a montré l’alliance Estrosi-PSA-Renault contre les Fabris.

Fraternelles salutations

Guy Eyermann, ex-porte parole des Fabris en lutte

Citation :
Communiqué du Collectif contre les patrons voyous et licencieurs (29 août)

Fermetures de sites, licenciements, suppressions d’emplois, départs prétendument volontaires… : la vague de licenciements commencée en début d’année a continué cet été. Elle marquera certainement la rentrée de septembre, rendant encore plus urgente la nécessité de ne plus se battre seul chacun dans notre coin et celle d’une riposte commune et d’ensemble. Pour la préparer, il est plus nécessaire que jamais de coordonner les luttes et, dans un premier temps, celles des entreprises directement menacées, comme l’ont proposé les salariés de New Fabris en appelant fin juillet, lors de la manifestation de ces entreprises à Châtellerault, à la création d’un collectif contre les patrons voyous et licencieurs.

La riposte commune commence évidemment par la solidarité avec ceux qui sont menacés par la répression pour avoir entrepris le combat. Le TGI de Compiègne doit rendre son jugement contre 7 camarades de Continental le 1er septembre. En soutien aux “Conti”, nous appelons donc à être le plus nombreux possible dès 8 heures devant le TGI de Compiègne (Place du Château) ce mardi 1er septembre 2009.

Par ailleurs, la CGT de Ford Blanquefort organise une rencontre entre les salariés et les militants syndicaux des entreprises victimes de suppressions d’emplois, dans le but de renforcer leurs liens et d’avancer vers la coordination des luttes et d’un collectif. Cette initiative prolonge l’appel des New Fabris. C’est pourquoi ceux qui ont lancé cet appel et ceux qui y ont déjà répondu appellent à participer largement à cette rencontre. Rendez-vous : samedi 5 septembre 2009 à 14 heures – salle polyvalente Fongravey – 26, rue Jean Moulin – 33290 Blanquefort (banlieue Nord de Bordeaux).

Collectif contre les patrons voyous et licencieurs – 29 août 2009

à suivre en tout cas pour ce qu'il peut aussi sortir de cette rencontre à Bordeaux...
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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Jeu 10 Sep - 0:41

http://ouvalacgt.over-blog.com/article-35594066-6.html#comment47587028

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MessageSujet: Re: CGT: Thibault, « une racaille bonne qu'à calmer la base »?   Lun 5 Oct - 22:15

Lu dans Zoom-42 :
http://www.zoom42.fr/actu/ACT_detail.asp?strId=36446&strArtTypId=48#

Citation :
La CGT et le Medef du Roannais ont élaboré une "charte partenariale" inédite permettant aux 300 entreprises du textile et de la métallurgie de la région de placer leurs salariés en formation plutôt que de les licencier.
Cette charte signée jeudi 1er octobre "vise à privilégier la formation des personnels d'entreprises en difficulté plutôt que le licenciement pur et simple", selon la sous-préfecture de Roanne.
Elle a été paraphée par la Direction départementale du travail et de l'emploi et la formation professionnelle (DDTEFP), l'Etat, la CFDT, la CFTC, FO, la CFE/CGC, les syndicats patronaux du textile et de la métallurgie, ainsi que par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) de la formation professionnelle.

"Les licenciements sont souvent synonymes de pertes humaines, de pertes de savoir-faire. L'objectif est de sauvegarder l'emploi et d'éviter que les gens ne sortent de l'entreprise", a déclaré Bernard Gabert, président du Medef du Roannais.

"Cette charte doit nous permettre de sortir la charge des salaires des entreprises en difficulté tout en nous offrant la possibilité de qualifier un peu plus nos salariés et des les récupérer quand les entreprises rebondiront", a-t-il ajouté.

"La formation professionnelle est un outil plus précieux que le chômage partiel pour faire face à la crise", a souligné Serge Lenoir, secrétaire général de l'union locale CGT.

"Nous avons convenu avec le Medef que face à la crise, il n'y avait rien à y gagner à se bagarrer. Si il n'y a pas d'industrie, il n'y a pas de salariés, pas de salaires. Si il n'y a pas de salariés, il n'y a pas d'industrie et pas de chiffre d'affaires", a-t-il estimé.

Le dispositif sera financé par les fonds de formation collectés auprès des entreprises, des fonds de la région Rhône-Alpes, d'Etat et européens qui "se chiffrent en millions d'euros" pour le bassin d'emploi de Roanne, selon la CGT et le Medef.

Le Roannais est touché par des plans sociaux chez Manitowoc (grues), GPV (enveloppes), ICBT (machines textiles), Samro (remorques) ou Dirickx (clôtures). Il compte 35.047 salariés, dont 7.658 dans le textile et la métallurgie.

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