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 Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux

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MessageSujet: Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux   Mar 16 Juin - 14:00


Extrait
du livre Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée, Samuël
Foutoyet, éditions Tribord, 2009 Sous-titre chapitre 3, « Des
dictateurs à l’Élysée »*


Publié le vendredi 12 juin 2009
« Je
veux être le président de la France des droits de l’homme. […] Je ne
veux être le complice d’aucune dictature à travers le monde. »


Nicolas Sarkozy, meeting de l’UMP, Paris, 14 janvier 2007.


Le
25 mai 2007, Nicolas Sarkozy accueille Omar Bongo, second chef d’État
africain reçu à l’Élysée depuis le 6 mai. La veille, le nouveau
président recevait Ellen Johnson-Sirleaf, présidente depuis 2005 du
Liberia, pays ravagé par quinze années de guerre civile. La première
femme chef d’État d’Afrique n’a cependant été reçue qu’un quart
d’heure. Omar Bongo, lui, est accueilli avec une toute autre faveur. Il
faut dire que l’amitié entre les deux hommes n’est pas récente. En
témoigne cette interview du dirigeant gabonais sur les ondes de Radio
France International, quelques jours avant leur rencontre :


RFI : « Depuis combien de temps vous connaissez-vous [avec Nicolas Sarkozy] ? »

O.
Bongo : « Ben, je le connais il n’était même pas encore au
gouvernement. Quand Chirac était à la Mairie, dans les années 80 et
quelques. »

RFI : « Est-ce que vous vous tutoyez par exemple, ou est-ce que vous vous vouvoyez ? »

O.
Bongo : « On se tutoie ! Puisque vous voulez être dans les secrets des
parfums, hier [le 6 mai, jour de l’élection] il m’a même téléphoné.
Bon, alors ! Si ça peut vous arranger, voilà ! On se tutoie depuis 80
et quelques. »

RFI : « Et alors, que vous a-t-il dit ? »

O.
Bongo : « Non, non, non… Mais vous croyez pas tout de même que je vais
me livrer à ce genre de confidences, non ? Il m’a dit tout simplement :
merci pour certains de tes conseils, voilà ! Et je lui ai dit
félicitations pour m’avoir compris parfois. » [1]


Des conseils, le dirigeant gabonais en a copieusement
prodigué. De janvier 2004 à mars 2007, il a rencontré Nicolas Sarkozy
au moins sept fois, la plupart du temps dans son luxueux hôtel
particulier, à Paris [2]. Le 22 mars 2007, au sortir d’un énième
entretien, le futur président français est piégé par une télévision
gabonaise. Un rien gêné, il confie avoir « écouté les conseils » d’Omar
Bongo et « recueilli ses sentiments d’amitié » [3].


La compagnie d’Omar Bongo est certainement très
instructive, tant le dirigeant gabonais connaît bien les coulisses de
la vie politique française. Au pouvoir depuis 1967, il a connu tous les
présidents de la Ve République. Son investiture fût organisée par la
France. Le 17 août 1960, le général de Gaulle déclare l’indépendance du
Gabon et place à sa tête Léon M’Ba, proche de l’administration
coloniale. À la mort de M’Ba en 1967, Jacques Foccart choisit de le
remplacer par son directeur de cabinet, membre des services secrets
français : Albert-Bernard Bongo, rebaptisé Omar Bongo lorsqu’il se
convertit à l’Islam en 1973. Jeune trentenaire, ce dernier fonde le
Parti Démocratique Gabonais, parti unique qui régnera sans partage
pendant 25 ans. En 1990, le multipartisme est instauré, mais Omar Bongo
remporte invariablement toutes les élections, notoirement connues pour
leur trucage [4] . L’opposition politique est encadrée par un système
policier sophistiqué, utilisant intimidations, assassinats et
corruption [5].
Le Gabon et la Françafrique


Le Gabon, petit État pétrolier du golfe de Guinée d’1,4
million d’habitants, est une caricature de la Françafrique. Pays aux
richesses exceptionnelles, exportant manganèse, pétrole, gaz, fer, bois
et uranium, sa population reste très pauvre : système médical
défaillant, infrastructures scolaires, routières et sanitaires
délabrées, mortalité infantile élevée, analphabétisme. 70% des Gabonais
vivent en dessous du seuil de pauvreté.


Deux indicateurs résument ce paradoxe : le Gabon est le
84e pays le plus riche du monde si on considère son Produit Intérieur
Brut par habitant, mais il dégringole à la 119e place sur 177 États
dans le classement de l’Indicateur du Développement Humain [6] . Cet
écart de 35 places, l’une des pires performances de la planète,
illustre combien les richesses du pays profitent peu à la population et
sont concentrées dans les mains du clan au pouvoir et des entreprises
françaises. Ces dernières sont présentes dans tous les secteurs de
l’économie, la France constituant 80% des investissements étrangers au
Gabon. La principale entreprise est Elf, désormais TotalFinaElf. Une
proximité franco-gabonaise ouvertement assumée par Omar Bongo :
« L’Afrique sans la France, c’est la voiture sans le chauffeur. La
France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant. » [7]


Les deux pays entretiennent une coopération militaire
très étroite, avec une base militaire permanente à Libreville
rassemblant huit cents soldats français. Des accords spéciaux prévoient
la mise en place d’une garde présidentielle supervisée par Paris. Créée
par l’agent secret Bob Maloubier, équipée d’armes modernes, c’est la
meilleure unité combattante du pays [8].


Dans toutes les enquêtes sur la Françafrique, le Gabon
est désigné comme une plateforme militaire, pétrolière et financière au
cœur des ’’réseaux Foccart’’. Base logistique de la guerre du Biafra
(qui, de 1967 à 1970, provoqua la mort de deux millions de personnes),
point de départ des expéditions mercenaires de Bob Denard (qui y
disposait d’un ranch d’entraînement), ou encore base arrière du coup
d’État de 1997 du congolais Denis Sassou Nguesso (beau-frère d’Omar
Bongo), le Gabon mérite certainement son surnom de ’’Foccartland’’ [9].


D’après les enquêtes menées pendant l’affaire Elf, Omar
Bongo a participé au financement de partis politiques français,
mouvances gaullistes en tête, généralement sous forme d’argent liquide.
Pour l’ancien directeur de la Direction Générale de la Sécurité
Extérieure (DGSE), Pierre Marion, « Les subsides de Bongo servent à
tout le monde lors des élections françaises et créent une sorte de
colonialisme à l’envers » [10] . Est-ce la raison pour laquelle tant de
personnalités politiques (dont François Bayrou, lui aussi ’’piégé’’ par
la télévision gabonaise) se sont empressées de rencontrer Omar Bongo
pendant la campagne présidentielle de 2007, à commencer par Nicolas
Sarkozy ? Non, affirme un proche du leader UMP interrogé à ce sujet :
« Nicolas n’a pas besoin de valoches » [11] – allusion aux valises de
billets. Entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, une simple relation
d’amitié ?
Nicolas Sarkozy au Gabon


Quelques mois plus tard, pour clore sa première tournée
africaine, Nicolas Sarkozy se rend à Libreville, capitale du Gabon. Aux
journalistes s’étonnant de ce choix contradictoire avec les discours de
’’rupture’’, Nicolas Sarkozy argumente : « En Afrique, le statut
d’ancien, cela compte. Ne pas aller à Libreville, c’était humilier
Bongo. […] S’agissant du Gabon, je ne pense pas que ce soit le pays qui
ait le plus à rougir du point de vue de la démocratie interne. »
Vraiment ? Derniers contre-exemples en date : en janvier 2008, les
autorités gabonaises suspendent les activités d’une vingtaine
d’organisations de la société civile qui critiquaient la façon dont le
gouvernement utilise la manne pétrolière [12] . En juin 2008, le
coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous payez [13] Gabon,
Marc Ona, est interdit de sortie du territoire, accusé de porter
atteinte à la sûreté de l’État, puis interpellé par la police sans
charges ni mandat fin juillet 2008 [14] .


Lors de sa visite, Nicolas Sarkozy annonce une
réduction de 20% de la dette bilatérale du Gabon, une décote
exceptionnelle qui ressemble fort à un ’’renvoi d’ascenseur’’, et qui
n’empêchera cependant pas la moitié du budget du Gabon, au bord de la
faillite, de passer dans le service de la dette [15] . Le président
français visite également une forêt classée au nord de Libreville.
Accompagné de la spécialiste britannique des primates Jane Goodall, il
déclare : « Je ne veux pas qu’on pille la forêt africaine ». Près de
lui, on distingue Francis Rougier, PDG d’une entreprise maintes fois
dénoncée pour ses pratiques de pillage des bois africains [16].


Une ombre vient cependant assombrir cette visite
officielle : l’enquête dite des Biens mal acquis. En mars 2007, trois
associations françaises, Survie, Sherpa (groupement de juristes
spécialisés dans la criminalité économique) et la Fédération des
Congolais de la Diaspora déposent une plainte pour « recel de
détournement d’argent public » visant l’acquisition de biens en France
par des chefs d’États africains et leurs familles. Cinq chefs d’État
sont visés : le gabonais Omar Bongo Ondimba, le congolais Denis Sassou
Nguesso, le burkinabé Blaise Compaoré, l’angolais Eduardo Dos Santos et
l’équato-guinéen Teodoro Obiang. Motif ? Les biens immobiliers et
financiers de ces chefs d’État en France semblent disproportionnés par
rapport à leurs salaires officiels. Les trois associations puisent
leurs arguments dans un rapport intitulé Biens mal acquis… profitent
trop souvent, réalisé en 2006 par le Comité Catholique contre la Faim
et pour le Développement (CCFD).


En juin 2007, le parquet de Paris ouvre une enquête
préliminaire confiée à l’Office Central de Répression de la Grande
Délinquance Financière (OCRGDF). Les premières investigations
aboutissent à des résultats impressionnants [17]. En témoigne cet
extrait du journal Le Monde, qui publie les principales informations
des trente-quatre procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 :
« La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Élysées
et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de la capitale. Là, un
hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875
millions d’euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci
associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et
Yacine Queenie, 16 ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille
du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier,
Edgar Nguesso, 40 ans. […] Au total, sont répertoriés 33 biens
(appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au gabonais
Omar Bongo ou à sa famille : deux appartements avenue Foch (88 m2 et
210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. À
Nice, une propriété est constituée de deux appartements, trois maisons.
Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis
1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse
Edith possède deux immenses logements dans le 7e arrondissement, non
loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant -
souvent - par le 16e arrondissement parisien, l’enquête recense aussi
les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d’Omar Bongo et actuel ministre
des Affaires étrangères, et d’autres fils du président gabonais comme
Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que ses filles comme Audrey, Yacine
Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita. » [18]


Les enquêteurs répertorient onze comptes ouverts au nom
d’Omar Bongo à Paris, Nice ou Créteil, ainsi que l’achat d’un
impressionnant parc automobile de luxe. La richesse immobilière et les
revenus publics du président gabonais sont largement disproportionnés
par rapport à son salaire officiel, 15 000 euros par mois. D’où
provient la fortune d’Omar Bongo ? Deux chèques découverts pendant les
investigations de l’OCRGDF sont éloquents. En février 2004, la femme du
président (qui n’est pas membre du gouvernement) achetait une voiture
de luxe Maybach, payée intégralement par le Trésor public gabonais :
les enquêteurs français ont découvert un chèque de 390 795 euros, tiré
sur le compte de la paierie du Gabon. Ce même compte, ouvert à la
Banque de France, a également servi à financer la moitié d’une Mercedes
à 75 000 euros achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo,
la fille du président.


En 1999, le Sénat états-unien enquêtait déjà sur
l’origine de la fortune du président gabonais, mettant au jour de
multiples comptes à Jersey, à Londres, au Luxembourg, à New York et en
Suisse, pour un montant total dépassant les 130 millions de dollars.
Selon la City Bank et les sénateurs états-uniens, « l’argent provenait
d’une allocation budgétaire, 8,5 % du budget gabonais – soit 111
millions de dollars – étant chaque année réservés au président. […] Les
fonds gouvernementaux du Gabon sont bien la source première des avoirs
se trouvant sur les comptes d’Omar Bongo » . [19]


Et pendant ce temps, le pays s’endette. Alors que le
Gabon continue d’exporter plus de 13 millions de tonnes de pétrole brut
par an, la dette publique contractée par Omar Bongo s’élevait déjà à 4
milliards de dollars en 2002. L’opulente fortune du chef d’État
gabonais nous laisse présager des profits colossaux réalisés par Elf,
Bolloré, Bouygues et toutes les multinationales profitant du pillage
des ressources africaines, cela pendant que les populations de ces pays
s’appauvrissent.


Mais revenons à la visite gabonaise de Nicolas Sarkozy.
Ce jour-là, un journaliste questionne justement le président sur
l’affaire des Biens mal acquis. Le président français, visiblement
agacé, rétorque : « Si à chaque fois qu’il y a des enquêtes il faut
arrêter nos relations, on ne les aurait pas arrêtées seulement du côté
africain, si vous voyez ce que je veux dire… Attendez que la justice
fasse son travail et on verra bien. » [20] Cette scène, qui montre le
visage embarrassé du président Bongo, s’affiche sur plusieurs chaînes
de télévision française à des heures de grande écoute.


Attendre que la Justice fasse son travail ? Le 13
novembre 2007, le parquet de Paris décide de classer cette enquête sans
suite. Motif ? « Les investigations n’ont pas permis, en l’état, de
mettre en évidence des infractions pénales », pourtant révélées par les
deux chèques de la paierie du Gabon en France. Difficile de ne pas
imaginer derrière cet opportun classement juridique, lorsque l’on
connaît les détails du dossier, une décision politique prise au plus
haut niveau.


Le 3 mars 2008, la chaîne de télévision France 2
diffuse cependant un reportage sur les Biens mal acquis, en particulier
ceux d’Omar Bongo. La diplomatie gabonaise réagit aussitôt par un
communiqué dénonçant un « acharnement médiatique » mettant « en péril
l’intégrité physique (sic) [d’Omar Bongo] ainsi que celle de sa
famille ». Quelques mois plus tôt, le dirigeant gabonais expérimentait
déjà cette stratégie de victimisation. Le 2 décembre 2007, célébrant le
40e anniversaire de son arrivée au pouvoir, Omar Bongo dénonçait les
« détournements », la « course pour l’enrichissement illicite », la
« corruption » et « l’impunité ambiante » du reste de la classe
dirigeante, accusant celle-ci d’avoir fait « main basse » sur les fonds
destinés au développement : « Je sais que l’état de notre réseau
routier, de nos infrastructures sanitaires et scolaires, de nos moyens
de transport publics, a connu une grave dégradation […] [le Gabon] est
aujourd’hui affaibli par l’ethnisme, le clientélisme, l’affairisme, la
corruption, la politisation outrancière, qui ont gangrené les pouvoirs
publics. » [21] On n’eut pas dit mieux.

Vidéo https://www.dailymotion.com/relevance/search/bongo+sarkozy/video/x1ku0s_sarkozy-bongo_events
Vu sur http://survie.org/

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MessageSujet: Re: Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux   Lun 22 Juin - 13:15

apparemment il est vraiment bien ce livre!
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MessageSujet: Re: Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux   Lun 22 Juin - 13:36

https://www.dailymotion.com/related/x1ku0s/video/x1ku0r_bayrou-et-la-francafrique_politics?hmz=746162
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MessageSujet: Re: Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux   Ven 4 Sep - 14:01

Gabon Coup de force françafricain. Communiqué de Survie, 4 septembre2009



Alors que les Gabonais aspirent à
la démocratie et au changement après les 41 ans de gabegie du règne
d’Omar Bongo, Ali Ben Bongo, fils du précédent, vient, non sans
difficulté, d’être déclaré vainqueur de l’élection présidentielle au
terme d’une mascarade électorale et d’un coup de force qui vise à
prolonger la mainmise du clan Bongo sur le pays, avec la bénédiction
des autorités françaises.



Ali Ben Bongo, fils et ex-ministre de la Défense d’Omar
Bongo, également visé en France par une plainte sur les “ biens mal
acquis ”, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle
gabonaise du 30 août dernier avec 41,73% des voix devant ses deux
principaux concurrents André Mba Obame (25, 88%) et Pierre Mamboundou
(25, 22%).
Annoncés non sans atermoiements par la Commission électorale nationale
autonome et permanente (CENAP, en grande partie composée de membres du
Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et surtout par l’actuel
ministre de l’Intérieur (également PDGiste), ces résultats contredisent
toutes les estimations qui donnent, procès-verbaux des décomptes de
voix à l’appui, Ali Bongo loin derrière ses deux principaux
concurrents. Mais c’était compter sans les faux PV et les PV falsifiés
introduits à la Commission électorale.
Afin de mener à son terme cette mascarade électorale, le régime a
également dispersé avec violence les nombreux manifestants et
responsables de l’opposition venus au siège de la CENAP s’assurer du
bon décompte des voix. Aujourd’hui, la Garde présidentielle et l’armée
quadrillent Libreville.
La tension est extrême dans le pays. Exténués par 41 ans de dictature
d’Omar Bongo et ulcérés par le coup de force d’Ali Bongo, la majorité
des Gabonais n’entend pas se laisser abuser une fois de plus.
Le consulat de France à Port Gentil a ainsi été incendié, tout comme un
édifice du groupe français Total, symboles du soutien indéfectible de
la France au régime Bongo depuis des décennies.


La France a prétendu être neutre “ La seule chose
qu’elle fait dans cette élection, c’est d’aider au déroulement normal
des opérations ” a déclaré le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain
Joyandet. Sans doute trouve-t-il normales les conditions de la tenue de
cette élection : organisation précipitée du scrutin, listes électorales
gonflées, multiples violations du droit constitutionnel, énorme
déséquilibre financier et médiatique entre les candidats qui, ailleurs,
feraient crier au déni de démocratie. Dès le lendemain du vote, le même
A. Joyandet a jugé le scrutin régulier alors que de nombreuses fraudes
ont été dénoncées tant au Gabon que dans les ambassades à l’étranger. A
l’ambassade du Gabon en France par exemple, l’ambassadrice a même été
prise la main dans le sac, en possession de plusieurs dizaines de
fausses cartes d’électeur.


Est-ce être neutre que laisser Robert Bourgi,
conseiller notoire de Nicolas Sarkozy pour la diplomatie parallèle,
ainsi que d’autres ressortissants français en vue au Gabon soutenir Ali
Bongo ? Alors que dans le même temps A. Joyandet menace les Gabonais :
“ si par malheur, les ressortissants français venaient à être
inquiétés, il y aurait une quasi-automaticité d’intervention de nos
troupes basées sur place.[…] il y a assez peu de probabilité que
l’armée française quitte le Gabon.”


L’association Survie attire
l’attention des dirigeants français sur la lourde responsabilité qui
est la leur dans la détérioration de la situation au Gabon.
A
force de vouloir figer le pouvoir gabonais aux mains d’un clan complice
des intérêts transnationaux les plus voraces, la France s’aliène la
majorité du peuple gabonais.


L’association Survie demande aux
autorités françaises de ne pas reconnaître l’élection d’Ali Bongo et de
ne pas cautionner la prise du pouvoir par ce qui constitue un véritable
un coup d’Etat électoral.
Nous attendons du ministre des
Affaires étrangères Bernard Kouchner la même résolution dans la défense
des principes démocratiques qu’il a montrée lors d’autres élections
dans le monde, le même soutien à une opposition écrasée et bafouée dans
ses revendications. Nous ne voulons pas que notre pays apparaisse comme
le fidèle soutien de régimes despotiques indéfiniment reconduits.


Nous demandons au gouvernement
français de s’assurer que les militants gabonais de la démocratie et
des droits de l’Homme seront préservés de la répression qui risque de
s’abattre sur eux
comme sur tous ceux qui luttent pour le
droit et la justice. Nous assurons les citoyens gabonais qui défendent
leurs droits de notre solidarité dans leurs revendications.


En Mauritanie, au Niger, à Madagascar, nous assistons à
un recul des acquis démocratiques, tandis qu’au Congo Brazzaville, au
Cameroun, au Tchad les vieilles dictatures sont confortées. Le risque
est grand de voir surgir au Gabon le même scénario qu’au Togo depuis
2005 : élection truquée, coup d’Etat électoral, répression des
contestations, puis normalisation diplomatique validant une succession
dynastique de Faure Gnassingbé après 38 ans de règne d’Eyadéma père.
Tout cela, avec la complicité de la France, dans la droite ligne de la
triste politique françafricaine avec laquelle le candidat Nicolas
Sarkozy voulait rompre. Politique qu’il prétend maintenant camoufler
sous des gesticulations médiatiques comme celle qui s’annonce en 2010,
décrétée « année de l’Afrique » : “ année importante pour la relation
entre l’Afrique et la France alors que 14 anciennes colonies françaises
célèbreront le cinquantième anniversaire de leur indépendance. (…) Et
je souhaite que 2010 signale aussi l’achèvement d’une rénovation
profonde de nos relations avec le continent africain ”. Certains
Français en seront peut-être dupes, pas les peuples africains.


Contact presse : Olivier THIMONIER olivier.thimonier@survie.org Tél. : 01 44 61 03 25
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MessageSujet: Re: Mort d'Omar Bongo :Petit rappel util pour les curieux   Ven 4 Sep - 18:33

Comme d'habitude au sein de notre Empire , les choses ne vont guère changer..
Comme d'habitude elle place ses pions, ses sbires...ses roitelets locaux,ses mascarades "d'élections démocratiques" où même "l'opposition" est discréditée.
Comme souvent les médias feignent la rupture de ton, de même que les humanistes et gauchistes figés dans l'indignation face aux déploiements de l'armée impériale des banlieues en passant par l'Afghanistan jusqu'aux forets africaines.
Alors ouais les populations du Gabon seront toujours seules; malgré la quasi-impossibilité de débouché politique de leur colère incendiaire, ça fait toujours plaisir de voir les intérêts pétroliers français ou autres touchés en plus d'une attaque de la prison ou d'un incendie d'un consulat impérial...
(AntiFranceVaincra!!)

l'article d'un canard droitier...

Au Gabon, les dernières convulsions de la Françafrique

Isabelle Lasserre


Alors
que la situation restait très volatile, certains craignaient que les
intérêts nationaux ne soient à nouveau pris pour cible, dans ce pays
qui héberge environ 9 500 résidents français. (AFP/SANOGO)
Crédits photo : AFP




Cent
cinquante militaires français ont pris position jeudi devant le
consulat général incendié dans le sud-ouest du pays. Les Français
résidant sur place sont invités à rester chez eux.






Malgré
les tentatives récentes de l'Élysée pour défaire les liens intimes qui
ont si longtemps uni le pouvoir français à ses an­ciennes colonies
africaines, les vieilles habitudes de la «Françafrique» sont tenaces…
Les violences qui ont éclaté jeudi au Gabon viennent de le rappeler.
Quatre-vingts militaires français ont dû intervenir jeudi matin pour secourir le consul de France de Port-Gentil, dont les bureaux avaient été incendiés par des opposants à Ali Bongo,
déclaré vainqueur de l'élection présidentielle. Les installations de
Total et de Schlumberger ont également été prises à partie. Une
employée du groupe franco-américain a été «sérieusement blessée» par
des partisans du candidat Bruno Moubamba, qui accusent la France
d'avoir imposé le fils de l'ancien président Omar Bongo, dont ils
contestent l'élection. Cent vingt soldats français, appartenant pour
l'essentiel au 6e bataillon d'infanterie de marine, étaient toujours en
alerte jeudi soir dans cette ville du sud-ouest du pays. Alors que la
situation restait très volatile, certains craignaient que les intérêts
nationaux ne soient à nouveau pris pour cible, dans ce pays qui héberge
environ 9 500 résidents français. Vendredi matin Bernard Kouchner a
exhorté les Français habitant au Gabon à la prudence. "Nous leur disons
de rester chez eux pour le moment", a-t-il déclaré sur RTL.



Ce n'est pas la première fois que les forces armées françaises
doivent intervenir à Port-Gentil, la deuxième ville du pays et le fief
de l'opposition. En 1990, de violentes émeutes avaient ébranlé le
pouvoir du président Omar Bongo. C'est François Mitterrand qui avait
alors ordonné aux soldats français de rétablir l'ordre…

Redéfinir les accords de défense



Le Gabon a toujours été le meilleur allié de la France sur le continent africain et, de tous les présidents de la région, Omar Bongo - 41 ans de règne
- fut celui qui entretint les liens les plus intimes avec les cercles
du pouvoir français. «L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans
le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans
carburant», avait-il coutume de dire.
En arrivant à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre fin à
ces relations quasi incestueuses. Il avait notamment promis de
redéfinir les accords de défense conclus entre Paris et ses anciennes
colonies, dont certaines clauses secrètes autorisaient les forces
armées françaises à se porter au secours des régimes en cas de crise
grave. La France, estime le président français, ne doit plus se
comporter en «gendarme de l'Afrique».
Deux de ces accords jugés «obsolètes» et qui ont trop souvent servi
à justifier des interventions controversées dans les années 1980 et
1990, ont d'ores et déjà été renégociés, au Togo et au Cameroun. En
ouvrant une base militaire à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis,
Nicolas Sarkozy a également opéré un recentrage stratégique de la
présence française à l'étranger. Au détriment de l'Afrique :
l'implantation militaire en Côte d'Ivoire a été ramenée à 900 hommes et
l'une des deux bases françaises d'Afrique de l'Ouest - au Sénégal ou au
Gabon, justement - doit être fermée. À terme, la France ne devrait plus
maintenir que trois bases militaires permanentes en Afrique : une dans
l'Ouest, une dans le centre, l'autre dans l'Est.

Si la situation dégénère…



En attendant, l'élection gabonaise pourrait rattraper une nouvelle
fois la France, au moins momentanément. Un petit millier de militaires
français sont basés au Gabon et ce contingent pourrait être renforcé
s'il fallait évacuer les résidents français. Mais que se passera-t-il
si la situation dégénère vraiment et que le président officiellement
élu, Ali Bongo, demandait l'aide des militaires français, alors que
l'accord de défense liant Paris à Libreville n'a pas encore été
renégocié ?
...............
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