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 contrôle social, repression ou le burlesque sécuritaire

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Haymarket
toto 1ere classe


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Date d'inscription : 23/02/2008

MessageSujet: contrôle social, repression ou le burlesque sécuritaire   Dim 14 Juin - 21:40

Lille : les frondes de l’anarchiste contre la répression de l’État

jeudi 11.06.2009, 04:51 - La Voix du Nord

Présence policière importante, hier après-midi, aux abords du palais de justice. Pourtant, aucun dangereux criminel n’est annoncé. Mais la septième chambre correctionnelle juge un jeune homme, qui a été intercepté lors d’une manifestation libertaire avec tout l’attirail nécessaire pour canarder la police. Détail : il a également été interpellé lors des émeutes ayant gravement émaillé le sommet de Strasbourg.

Samedi 23 mai à Lille. Des anarchistes et sympathisants manifestent contre la répression de l’État (*). Au pied de la porte de Paris, place Simon-Vollant, la présence d’un sac noir alerte l’attention des policiers. Un périmètre de sécurité est mis en place en attendant l’arrivée des démineurs. Sur ce fait, un grand jeune homme tout de noir vêtu se pointe et ramasse le sac d’un air détaché. Contrôle. La fouille du sac permet la découverte de deux frondes, d’une cagoule de motard, de gants et de sérum physiologique (très utile en cas de lacrymogène). « Tout l’attirail du parfait manifestant », note la présidente Reliquet.

Julien L., 24 ans, qui n’a pas franchement le profil du délinquant chevronné - il est étudiant en gestion de l’environnement -, explique qu’il s’agit d’une méprise. « Les frondes, ce sont des jouets en vente libre. » Intervention ironique de la procureure Hoflack. « C’est ça.

Bientôt il va nous dire qu’il joue à Thierry la Fronde. » On n’en est pas loin. « Avec ma copine, on tire sur les canards », explique en effet, sans rire, le prévenu. « C’est effrayant, sourit la présidente, on aurait pu aussi le poursuivre pour cruauté sur animal. » « Vous pouvez également ajouter pour chasse interdite », plaisante à son tour la procureure.

Trêve de rire, Nourith Reliquet pose la seule vraie question qui fâche : « C’était pour tirer sur les policiers, n’est-ce pas ? » Julien L. opine négativement du chef. Excepté peut-être ses amis, il n’y a personne pour le croire. Malgré tout le talent et la ruse de son avocat, Me Antoine Berthe, qui soulève finement plusieurs nullités de procédure, le jugement tombe : six mois avec sursis. De quoi calmer les esprits frondeurs...

(*) 28 manifestants ont été interpellés puis libérés après quelques heurts et dégradations.

source: cette semaine

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"Le réformisme n’est pas, à proprement parler, idiot, mais impossible : moins la prison punit, moins elle répond à sa vocation. Reprocher à la prison d’être trop pénible, c’est reprocher à un hôpital de trop bien soigner."
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Haymarket
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MessageSujet: Re: contrôle social, repression ou le burlesque sécuritaire   Ven 17 Juil - 21:53

Un air de petit Tarnac


Ultra / vendredi 17 juillet

par Anaëlle Verzaux


La France a peur. Et la traque des anars ultra ne
s’arrête pas à Julien Coupat. Trois tagueurs anti-fascistes ont eux
aussi fait les frais d’une justice et d’une police en plein revival du
terrorisme d’Action directe.



En 2008, la France a peur. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, met le paquet sur la menace anarcho-autonome. Avec Julien Coupat et son « gang » de Tarnac en ligne de mire. Et autour, de petites affaires Coupat, passées à peu près inaperçues.


Dans la nuit du 22 au 23 mai 2008,
alors que l’enquête préliminaire sur les « terroristes » de Tarnac est
entamée, Jean, Emilie et Julien, trois anti-fascistes, taguent le mur
de l’Asiem
(Association immobilière de l’Ecole militaire), dans le 7e arrondissement de Paris, où le Bloc identitaire a prévu de se réunir. L’inscription : « Identitaires, hors de nos vies ! » De quoi faire frémir de terreur flics, militaires et ministère de l’Intérieur. Et il faut croire que la peur les a gagnés
en effet. A cause de ce tag malheureux, nos trois anti-fascistes
subissent tout un tintouin généralement réservé aux crimes plus graves.

La France a peur
© Nardo


« Où sont les armes, les livres anars ? »




Pour commencer, perquisition au domicile de chacun.
Une perquisition originale, d’après Jean qui, professeur d’histoire
géographie, exerce dans un lycée de la banlieue nord parisienne et
habite la capitale. L’enseignant raconte :


« Un matin, dix policiers sont venus sonner chez moi. L’un d’eux s’est présenté comme étant des Renseignements Généraux (RG). Devant ma femme, Emmanuelle, et mes deux enfants, les policiers ont un peu fouillé la baraque. Ils m’ont demandé où étaient les tracts et les bombes de peinture.
J’ai répondu j’en ai pas ici. Ils ont demandé où étaient les armes.
J’en avais pas, des armes ! Ils n’ont pas pris l’ordinateur, pensant
que c’était une télévision. Bizarre. Ils m’ont demandé où étaient rangés les livres anars.
Ils ne trouvaient pas parce que la plupart de nos livres sont écrits en
langue étrangère – ma femme est professeur d’allemand. C’était très
clair, ils cherchaient des anarcho-autonomes »
.


Les policiers repartent, Jean sous le bras. Comme ses amis Emilie et Julien (tous deux étudiants en histoire), Jean est gardé à vue 24 heures. Sa femme Emmanuelle sera interrogée quelques jours plus tard, durant 39 heures. « Sous pression », Emilie avoue des « trucs » qui, dit-elle, « n’ont rien à voir avec la réalité ». Mais pour les flics, c’est clair, la jeune Emilie est manipulée par Jean l’enseignant, et leader du groupe anarcho-autonome.

Garde à vue dans les locaux d’une unité anti-racolage




Sous pression, Emilie ? Il faut dire que les gardes à vue ne se font pas dans un commissariat ordinaire… Mais dans les locaux d’une unité spéciale choc de la police urbaine de proximité, créée en octobre 2003, dans le cadre des lois Sarkozy sur la sécurité. L’USIT (Unité de soutien et d’investigation territoriale), spécialement conçue pour renforcer la lutte contre la prostitution et le racolage. Et qui, depuis peu, s’occupe de toutes les formes de criminalité en réseau (trafic de métaux, etc.).


Dans le cadre de l’enquête policière qui s’ensuit, le
père de Jean et le proviseur adjoint du lycée dans lequel Jean enseigne
sont convoqués par les flics de l’USIT. Les conversations téléphoniques
des trois terroristes supposés sont surveillées et on relève, sur les
lieux du « crime », les empreintes ADN et digitales. Au total, un dossier de 600 pages ! Du lourd…


Il faut dire que le tag tombe au mauvais moment.
Quelques mois seulement après le début de l’enquête sur Tarnac et la
déclaration, dans les colonnes du Monde, de Michèle Alliot-Marie, encore ministre de l’Intérieur, sur les dangers de l’ultra : « L’affaiblissement
à droite comme à gauche des partis politiques qui permettent d’exprimer
les frustrations sociales se traduit, l’histoire de France et de ses
voisins le montre, par l’apparition de mouvements radicaux et violents »
. Une déclaration que ne reniera pas Rachida Dati qui, le 3 juin 2008, adressait une petite note aux procureurs de France, afin d’attirer l’attention sur « la multiplication d’actions violentes (…) susceptibles d’être attribuées à la mouvance anarcho-autonome ».

Le ridicule ne tue pas, mais l’amende peut être salée




En plus de l’enquête menée par l’USIT, le petit groupe de tagueurs est sous le coup d’une enquête judiciaire.
A cause de la plainte, déposée par l’Asiem (l’Association immobilière
de l’Ecole militaire), pour « dégradation ou détérioration de bien par
inscription ou dessin sur le territoire national ».


Le procès, qui s’est tenu mercredi 1er juillet, inspirait bien plus le ridicule que la crainte de voir ressurgir Action Directe. Le ridicule de voir à quel point la vingtaine de jeunes du réseau No Pasaran, venus soutenir leurs amis, ne ressemblent pas aux terroristes de Michèle Alliot-Marie.
S’ils luttent « contre le système capitaliste », le « fascisme » et
« l’extrême droite » de façon « radicale », c’est toujours « sans
violence ». Le ridicule, aussi, de voir le hiatus entre
l’épaisseur de l’enquête et le verdict, presque mesquin : 250 euros
d’amende par personne.



A lire ou relire sur Bakchich.info

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petitjean
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MessageSujet: Re: contrôle social, repression ou le burlesque sécuritaire   Jeu 13 Aoû - 11:44

Je ne sais pas si je poste dans la bonne rubrique, mais voici deux articles intéressants sur la remise en cause de l'adn comme instrument "infaillible" de la justice :
le premier : http://infokiosques.net/spip.php?article719
le deuxième, une histoire rocambolesque :
Son ADN avait fait de Frédéric un coupable idéal



Publié le mardi 11 août 2009 à 07H46


8 mois incarcéré


"Le Grau-du-Roi, c'est comme un village. Et maintenant tout le monde me regarde de travers", déplore Frédéric.

Photo Dr



C'est l'histoire d'un homme... dont le passé et l'ADN ont failli hypothéquer l'avenir. Un ancien caïd avignonnais de 36 ans, désormais installé au Grau-du-Roi (Gard), passé à sept reprises par la case prison, et qui a bien failli y retourner de longues années pour "assassinat en bande organisée","à cause d'une Justice qui se retranche trop derrière l'ADN", selon son avocate.

Flashback. Nous sommes dans la nuit du 4 au 5 août 2008, dans une casse automobile de Saint-Jean-de-Védas, (Hérault). Plusieurs individus pénètrent dans l'établissement avec pour cible un coffre qui contient une grande somme d'argent. Le gérant de la casse, Bernard Glaise, dort sur place. Il est arraché à son sommeil, une rixe éclate. Il est abattu d'un coup de feu. Les agresseurs s'enfuient avec l'une de leurs voitures.

Dans le second véhicule, abandonné, la police judiciaire de Montpellier trouvera une cagoule. C'est là que tout s'emballe. Un bulbe de cheveux est prélevé. Au Fnaeg (le fichier national automatisé des empreintes génétiques), c'est le nom de Frédéric Antonnetti qui sort. "Quand les enquêteurs me l'ont montrée, je me suis souvenu que je m'étais servi de cette cagoule pour aller chercher, il y a sept ans, avec l'un des gars inculpés aussi dans cet assassinat, une voiture volée que j'avais achetée. J'ai halluciné de voir qu'elle était là, sur les lieux de ce crime!", nous explique Frédéric.

La PJ demande alors confirmation de la comparaison ADN au laboratoire génétique de Nantes. Pourtant, en novembre, Frédéric est interpellé. "Dès le début de l'enquête, il n'y avait rien pour accrocher mon client", assure Me Sylvie Josserand. "Le parquet de Montpellier n'a vu que par l'ADN, c'était la démonstration parfaite d'une Justice en blouse blanche", peste-t-elle.

Le sort du suspect est en plus accablé par un "CV" long comme le bras, et une fausse déposition de son ex-copine, Méryl, qui assurera, par vengeance, après avoir appris qu'il avait une maîtresse, qu'elle n'était pas avec lui le soir des faits. Elle se rétractera quelques mois plus tard. Mais il est déjà trop tard. Frédéric est derrière les barreaux.

"C'était un enfer. Je connais bien la prison mais j'ai très mal vécu cette incarcération puisqu'elle était, contrairement aux précédentes, totalement injustifiée"
, nous explique-t-il. Et puis, le 15 mai dernier, une lettre du laboratoire d'analyses de Nantes s'échoue sur le bureau de la juge d'instruction. Elle explique que pour cause "d'absence de séquence interprétable", le laboratoire ne peut confirmer les premiers rapprochements.

"En parallèle, les investigations sur son emploi du temps, ses appels téléphoniques, ses connaissances, etc. nous ont amenés à penser qu'il n'était pas lié à cette affaire"
, confie un enquêteur de la PJ. "C'est une affaire qui prouve que l'ADN ne fait pas la culpabilité du suspect", ajoute-t-il. Le 4 juin, sa libération est ordonnée, sa mise en examen maintenue. Sans doute plus pour longtemps. "J'ai écrit 200 pages en prison, je vais en faire un livre", promet Frédéric.

Par Romain Capdepon La Provence
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MessageSujet: Yann et Pierre Vs "Justice"   Ven 14 Aoû - 21:48

Ce mercredi 12 août, en plein creux estival, le tribunal de Perpignan rendait
son délibéré dans l'affaire Yann et Pierre. Plus d'une centaine de personnes
sont venues accompagner nos camarades. Elles étaient plus de deux cents lors
de leur comparution devant la cour du tribunal de Perpignan le 29 juin
dernier. Plusieurs organisations locales et nationales soutenaient Yann et
Pierre. Malgré cette mobilisation, nos camarades Yann et Pierre viennent
d'être condamnés à 550 euros d'amende chacun (200 euros pour outrage à un
professeur et 350 euros pour les frais de justice engagés par l'université de
Perpignan, partie civile) et un mois de prison avec sursis pour refus de
prélèvement ADN.

Dans un dossier vide, où il ne restait qu'une injure à un professeur
anti-bloqueur, une photo saisie d'un slogan peint sur la route lors de la
lutte anti-CPE, et le refus du prélèvement d'ADN, la volonté de la « justice »
est claire : condamner Yann et Pierre pour leur participation active contre la
loi LRU en décembre 2007.

La répression sur les militants investis dans les luttes sociales doit alerter
l'ensemble de ceux et celles qui refusent de se résigner face aux injustices
(salariés luttant pour garder leur emploi trainés devant les tribunaux,
militant-es de la lutte des sans-papiers ou pour le logement etc.). La
condamnation de Yann et Pierre, est complètement dans le processus d'une
véritable criminalisation du mouvement social et des luttes.

Plus généralement, cette condamnation est un nouveau marqueur de l'érosion des
droits de manifestation et d'expression. L'État balise toujours à la baisse le
champ de la contestation qu'il tolère, en réprimant les luttes qui le
dérangent. Ainsi, tous ceux qui pensent que la lutte ne doit pas accepter les
limites fixées par le pouvoir (encadrement du droit de grève, notamment), et
qu'elle doit être menée loin des organes institutionnels, se voient poursuivis
en justice de plus en plus systématiquement. La quasi interdiction des
manifestations (camp No Border à Calais, anti-OTAN à Strasbourg...), comme la
condamnation de Yann et Pierre à un mois de sursis pour avoir refusé de se
soumettre au prélèvement ADN s'inscrivent dans cette logique du « tout
sécuritaire ». Nos libertés se restreignent de plus en plus: jusqu'où, jusqu'à
quand allons nous laisser faire ?

C'est bien à un procès politique auquel nous avons assisté. Le pouvoir a
décidé de « se payer » deux militants actifs qui se revendiquent anarchistes ;
deux anarchistes qui loin des clichés ont une action réfléchie au c?ur de la
lutte, action qui trouve un écho et est comprise ; deux militants qui ont
travaillé à l'auto-organisation des luttes étudiantes, à la mise en place de
pratiques anti-autoritaires dans ces luttes, et qui remettent en cause le
fonctionnement global de la société. Le pouvoir ne veut pas laisser ces
situations se répéter et il sort donc le bâton ...

Yann et Pierre, leurs soutiens et leurs avocats étudient l'opportunité de
faire appel de cette décision. Nous vous tiendrons au courant des suites
décidées et ferons à nouveau appel à vous en cas de besoin.


Montpellier, le 12 août 2009

Relations Extérieures
de la Coordination des Groupes Anarchistes

Le communiqué est disponible ici au format pdf :
http://www.c-g-a.org/public/modules/mydownloads/singlefile.php?cid=14&lid=205
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